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Comment se retrouver piégé dans une voiture, verrouillé comme un rat, pendant qu’un inconnu te murmure à l’oreille. "Piégé", c’est cette angoisse distillée goutte à goutte, comme un thriller parano qui te colle au siège et t’empêche de respirer. Un voleur, une voiture, une voix — et nous, spectateurs coincés avec lui, sans sortie de secours.
David Yarovesky, qu’on avait quitté sur le pseudo-horrifique Brightburn, revient ici avec un thriller épuré à l’os, sans gras, sans esbroufe. Il filme l’intérieur du SUV comme une scène de théâtre pour névrosés : peu de plans larges, beaucoup de visages en détresse, et une photo bleu-acier à faire pâlir un frigidaire design. C’est une mise en scène millimétrée, presque cliniqe, mais surtout efficace. Yarovesky ne révolutionne rien, mais il sait verrouiller le tempo.
Bill Skarsgård (encore un rôle de quidam pas bien dans sa peau, décidément) incarne Eddie avec une tension sèche, animale. Un regard, un tic nerveux, un soupir étouffé : pas besoin de grandes phrases, le corps parle. Et puis il y a la voix. Anthony Hopkins, en mode "Dieu sadique planqué derrière un micro", déroule son phrasé comme un serpent hypnotiseur. On pense à HAL de Kubrick, mais version théâtre shakespearien. Un face-à-face vocal, un duel à distance, et pourtant on ressent chaque coup.
Bon, soyons honnêtes : le scénario, c’est pas du Tarantino sous ecstasy. On devine un peu trop les virages à l’avance, et certains rebondissements font lever un sourcil blasé. Mais l’ambiance tient la route. La tension grimpe, descend, remonte. Comme dans un mauvais rêve qui a les moyens de ses ambitions.
En bref ? Pas un chef-d'œuvre, mais un solide huis clos pour insomniaques. Ceux qui aiment les pièges psychologiques et les voix d’ogres civilisés devraient y trouver leur compte.