Le onze septembre a jeté un éclairage particulier sur les soldats du feu qui ont payé un lourd tribut lors de ces attentats aux États-Unis. C'est vrai que je m'interroge sur ce qui peut les motiver à entrer dans des bâtiments quand tout le monde cherche à en sortir.
C'est judicieux d'avoir confié le rôle de Jack Morrison à Joaquin Phoenix, un des comédiens les plus doués de sa génération. Ça rend la vie à l'image de ce pompier plus intéressante qu'elle ne l'est. Non, parce que je ne veux pas critiquer mais quand il arrive dans la caserne, il se fait charrier car c'est un bleu. Il rencontre sa copine dans un supermarché, se marie, fait des enfants. Une vie bien ordinaire.
Là aussi je m'interroge sur le fait d'exercer un métier aussi dangereux qui fout les jetons à sa femme alors qu'il est devenu père de famille. D'accord, il n'aspire qu'à sauver les gens, il en ressent une vraie fierté, et c'est tout à son honneur. Penser deux secondes à sa pauvre femme au lieu d'en faire une veuve avec deux orphelins ça aurait été bien aussi. Je suis assez partagé, donc, sur son attitude.
Pour les incendies, ils font vraiment vrais. Rien à voir avec le tout numérique dont on nous bombarderait aujourd'hui. Ils créent une impression de danger d'autant plus grande que cette escouade se retrouvera vite de plus en plus décimée. A qui le tour ? C'est un peu la question que je me suis posée.
J'ai noté qu'il y avait aussi d'excellents seconds rôles. Le noir rigolo de Piège à grande vitesse avec Seagal, Robert Patrick et bien sûr John Travolta dont les scènes se résument à haranguer ses troupes, consoler les familles des victimes et se faire réveiller dans son bureau en caleçon. Parce qu'un chef d'une brigade des pompiers pionce le matin. C'est comme ça.