J'ai trouvé cette version beaucoup plus grossière et vulgaire que celle de de Barry Davis et Dennis Potter, sortie en 1987 (un téléfilm originellement produit dans le cadre de "Play For Today" réalisé bien avant, en 1976, et dont la sortie fut ainsi repoussée pendant près de 10 ans par la BBC). L'argument est toujours aussi choquant, avec l'immixtion de cet individu diabolique dans un foyer britannique pétrifié par l'accident de leur fille qui l'avait laissée presque entièrement handicapée. On retrouve d'ailleurs Denholm Elliott encore une fois dans le rôle du père (il n'y a grosso modo que trois personnages dans ce film ressemblant à du théâtre), mais c'est ici Sting qui interprète l'homme manipulateur. Et franchement Richard Loncraine en fait des tonnes pour illustrer sa perfidie, et les coutures sont bien apparentes — on revient dans une ambiance téléfilm, bizarrement. En réalité les auteurs ont eu la main lourde sur à peu près tous les ingrédients : la culpabilité du père (qui se souvient en boucle du jour où sa fille l'a surpris en pleine infidélité), l'asphyxie de la mère (qui accepte de donner toute sa confiance sans condition à cet inconnu), et le côté machiavélique du personnage extérieur (tous ses subterfuges fonctionnent trop facilement, il n'y a aucune tension à ce niveau-là). C'est un film qui est censé parler de séduction, en montrant comment Sting hypnotise ses hôtes, mais tout cela reste à un niveau bien froid et théorique, superficiel et creux. Les plus téméraires compareront certaines séquences à du "Suspiria" dévoyé, mais à titre personnel j'ai passé tout le film à contempler Sting s'essayer à un jeu de sous-Malcolm McDowell assez navrant.