Je fus assez surpris de l'annonce du prix du dernier Kim Ki Duk à la dernière mostra de Venise. Habitué au va et vient qualitatif durant toute la durée de sa carrière, Kim Ki Duk était dernièrement plutôt dans la pente descendante.
Après visionnage, il semble finalement que Pieta est assez représentatif de la carrière de Kim Ki Duk. Des hauts, des bas et des fulgurances. Parfois hideux, parfois superbe, jeu des acteurs tantôt nanardesque, tantôt subtile, thématique forte et floue à la foie, de la violence... Le film est en lui même un beau condensé du cinéma du réalisateur.
Dans sa globalité, ce n'est à vrai dire loin d'être le plus brillant travail du sud-coréen. Le rythme est trop lent, les scènes souvent répétitives. Le twist remet finalement le film dans une thématique du cinéma commercial coréen vu de nombreuses fois.
Oui mais alors pourquoi ce prix ?
Le fait est que dans Pieta la fulgurance arrive à la toute fin. Les 10 dernières minutes du film valent à elles-seules d'endurer l'heure et demie plutôt pas folichonne qui les précèdent. Une fin forte, riche en sens, en beauté et en souffrance qui laisse une bien forte impression au spectateur et qui explique sûrement ce prix à Venise. A savoir si cela vous suffira, rien n'est moins sûr.