Après des années d'absence, Seijun Suzuki revient dans l'univers qu'il magnifia dans les années 60, mais pour s'en jouer dans une sorte de parodie surréaliste, jouant une variation de La Marque du Tueur, par un assemblage de moments stylisés et parfois assez étranges, un ballet où la tueuse n°3 tue d'autres assassins, elle même étant la cible du mystérieux n°1... souvent plus dans le rêve que dans la réalité, ou dans une réalité déformée... ou on ne sait trop où.
Avouons-le, le film est souvent complètement à l'ouest, et son approche peut autant séduire que rebuter... genre film clivant, d'autant que le montage se joue de tout repère, hormis d'un temps linéaire.
Donc se suivent des scènes (se suivent n'est pas vraiment le terme adéquat, les scènes entrant parfois en collision), sorte de collages de diverses approches cinématographiques, inventives et somptueuses, colorées et mêlant des univers différents, le tout sur une bande son jazzy ou autre... mais en harmonie avec l'image...
Or, si en soi le scénario est limpide, l'aspect alambiqué de la réalisation peut déconcerter, voire déplaire et laisser de marbre... et paraître même énigmatique... je pense d'ailleurs que maintes références ont dû m'échapper, mais l'aspect visuel m'a, de mon côté, emportépar son aspect esthétique.
Je reconnais qu'il souffre peut-être de quelques longueurs qui peuvent ajouter à un ressenti négatif, mais ce ne fut pas le cas pour moi...