Sale fin de carrière pour les Bellas de Barden.
Le troisième opus consacré à ce groupe de chant choral a capella restera à mon avis le plus faible : en effet, dans le but de redonner un nouveau souffle au concept, ses auteurs décident d'abandonner le cadre de l'université et du campus movie, au profit d'une échappée délirante mais inepte qui lorgne du côté du film d'action, avec péripéties aventureuses et grand méchant à la clé.
Et cette idée ne fonctionne guère : d'une part la réalisation est trop bâclée pour convaincre sur le plan de l'action (dès la scène d'intro, on comprend que ça va être laid), et d'autre part la franchise "Pitch perfect" perd quelque peu son identité, devenant presque un film de filles lambda.
J'exagère car le chant et les chorégraphies restent largement présentes dans ce troisième volet, mais là encore on renie les fondamentaux, les instruments de musique étant désormais admis, et le traditionnel concours transformé en tournée à l'étranger auprès des militaires US.
Heureusement le choix des chansons reste généralement pertinent, et les mix musicaux de qualité, offrant toujours un spectacle punchy, à l'image des deux films précédents.
L'humour demeure également présent, avec quelques punchlines bien senties de la part de Rebel Wilson notamment, mais cela s'apparente souvent à une recette appliquée sans passion, à l'image des blagues misogynes éculées du duo de commentateurs, autrefois marrants, composé de John Michael Higgins et Elizabeth Banks.
Plus gênant, les deux comédiennes vedettes semblent peu investies, entre une Anna Kendrick qui fait le minimum syndical et une Hailee Steinfeld vraiment mauvaise dans les trois scènes et demi que le scénario lui laisse à défendre.
Si on ajoute une poignée de sous-intrigues peu convaincantes, entre trauma filial et amourettes inachevées (si ce n'est au cours du générique final, peut-être pas une si mauvaise idée en fait), on comprend que le film signé Trish Sie ne vole pas très haut.
Certes, "Pitch perfect 3" n'est pas une catastrophe en soi, pour la bonne raison que les précédents n'ont jamais été de grands films, mais on était en droit d'attendre une plus belle sortie pour cette sympathique franchise, qui incarnait quelque part la quintessence du plaisir coupable.