Plainclothes
7.3
Plainclothes

Film de Carmen Emmi (2025)

Prix spécial du jury à Sundance pour la meilleure distribution.


L’action se déroule à Syracuse, dans l’État de New York, au milieu des années 1990, à l’époque où l’écart entre morale publique et désirs privés atteignait un sommet toxique. Issu de la classe ouvrière, Lucas participe à des opérations d’infiltration visant à piéger des hommes gais dans les lieux publics. Mais il se retrouve mais se retrouve irrésistiblement attiré par l'une de ses cibles…

Ce qui aurait pu n’être qu’un récit de scandale se transforme, sous l’œil d’Emmi, en réflexion sur la peur collective de la masculinité et de la différence.

Son premier film est un hybride de thriller et de mélodrame queer qui, plus qu'il ne raconte, évoque. Et il le fait avec une intelligence esthétique rare :

Tourné comme s'il avait été retrouvé dans un carton oublié des années 90, Emmi mélange les formats – VHS, 16 mm, vidéo de la police, enregistrements amateurs – non pas pour faire étalage de son style, mais pour que chaque texture reflète un état émotionnel. L'image tremblante, le cadrage brisé, la lumière saturée : tout respire l'angoisse et le désir refoulé. Ce qui pourrait sembler une pose se révèle être une forme d'empathie visuelle avec son protagoniste, Lucas, un policier qui traque les hommes lors d'opérations d'infiltration tout en essayant de nier sa propre homosexualité.

Certes, l'histoire est familière – le secret, la culpabilité, le refoulement – ​​mais Plainclothes parvient à la revitaliser grâce à sa structure fragmentée et à un rythme qui sait doser la retenue et l'explosion.

Le film permet, en replaçant le contexte dans les années 90 sde comprendre la situation difficile de la majorité des homosexuels, censurés et persécutés dans l'Amérique qu'elle dépeint.

Ce premier film de Carmen Emmi est une histoire contemporaine racontée avec sensibilité et magnifiquement interprétée par deux excellents acteurs :Tom Blyth est saisissant : un concentré de nervosité que ses gestes, sa respiration et son regard expriment. Russell Tovey, plus ancré dans la réalité équilibre la tension par son humanité désarmante. Une relation impossible se tisse entre eux, filmée avec le rythme d'un thriller et la tendresse d'un amour tragique.

La fin du film , crue et bouleversante, ne cherche pas le réconfort : elle cherche la vérité et elle y réussit en plaçant cette histoire d’amour gay, passionnée mais profonde, au cœur d’un récit initiatique universel.

#henrimesquida #cinemaetlitteraturegay

HenriMesquidaJr
8
Écrit par

Créée

le 30 avr. 2026

Critique lue 23 fois

HENRI MESQUIDA

Écrit par

Critique lue 23 fois

D'autres avis sur Plainclothes

Plainclothes

Plainclothes

8

HenriMesquidaJr

2790 critiques

Critique de Plainclothes par HENRI MESQUIDA

Prix spécial du jury à Sundance pour la meilleure distribution.L’action se déroule à Syracuse, dans l’État de New York, au milieu des années 1990, à l’époque où l’écart entre morale publique et...

le 30 avr. 2026

Plainclothes

Plainclothes

7

Avatea

39 critiques

My San Francisco

Les États-Unis, les années SIDA. On suit Lucas, agent infiltré chargé de piéger des gays dans les toilettes d'un mall. Qu'est-ce qui pourrait mal tourner ?Plainclothes était parti pour rejoindre la...

le 19 mars 2026

Plainclothes

Plainclothes

8

capitaine89

838 critiques

Dans la serre

bjr ... Ah il y a longtemps que j'ai pas apprécié un film comme celui là... Tout est super réalisation , les changements de format d'image , enfin tout excellent jusqu'à la dernière minute ... ...

le 17 juil. 2025

Du même critique

Jonas

Jonas

8

HenriMesquidaJr

2790 critiques

Critique de Jonas par HENRI MESQUIDA

Magnifique premier film d'un jeune réalisateur ultra talentueux et plein d'avenir. Je l'ai vu en avant première, les acteurs sont tous formidables et bien dirigés, le scénario est malin et tient en...

le 16 sept. 2018

L'Œuvre au noir

L'Œuvre au noir

9

HenriMesquidaJr

2790 critiques

Critique de L'Œuvre au noir par HENRI MESQUIDA

Pour commencer, si vous avez l'intention de lire ce roman et que vos connaissances historiques sont faibles, il va vous falloir réviser. Je pense très sincèrement qu'il est indispensable de bien...

le 12 mars 2017

Werewolf

Werewolf

8

HenriMesquidaJr

2790 critiques

Critique de Werewolf par HENRI MESQUIDA

Attention pas de loup garou dans ce film qui n'est pas non plus un film d'horeur mais un drame psychologique. Nous sommes en 1945. La guerre vient de se terminer mais les premières semaines de paix...

le 2 oct. 2019