Dans un futur-pas-si-lointain, le gouvernement japonais tente de combler le trou du système de retraites - ainsi qu’un fossé générationnel non moins incommensurable - en proposant aux séniors un programme d’euthanasie assistée, moyennant une certaine somme d’argent : c’est le Plan 75, appliqué par la réalisatrice japonaise avec un zèle et un souci du détail proprement administratif à des personnages-cobayes. À la fois victimes silencieuses et complices passifs du système néo-libéral, ils servent la petite leçon de morale permanente que semble être devenu, à la suite de Black Mirror, l’ensemble du cinéma d’anticipation de nos sociétés à venir. Frissonnant d’un plaisir honteux, son spectateur est invité à une expérience sous vide - expurgée du spectre des sentiments humains, de tout espoir et de toute possibilité de révolte - dans laquelle la puissance même du cauchemar est digérée par le divertissement, confirmant que la seule valeur de ces fantasmes apocalyptiques est mortifère.