Nous sommes là au confluent de deux genres.D'abord le film de mariage dont la référence est le formidable "Un mariage",d'Altman,et qui a beaucoup fleuri dans le cinéma français contemporain avec des oeuvres telles que "Mariages","Un vrai bonheur" ou "Pièce montée".Mais ça relève aussi du film à développements multiples popularisé par "L'ironie du sort","Le hasard" ou "Pile et face".Le postulat définissant ce genre se trouve résumé dans la citation figurant en exergue de "L'ironie du sort" et qui est "Tout aurait pu être n'importe quoi d'autre et tout celà aurait autant de sens".Si l'élément déclencheur des films précités était l'heure différente à laquelle un personnage arrivait à un endroit précis,ce sont ici les changements de place des invités à une table lors d'un mariage qui servent de point de départ.Selon que X est à côté de Y ou de Z,les conséquences sont tout autres.A partir de là,Christelle Raynal,dont c'est le premier film,nous offre un bon divertissement à la narration maîtrisée et à la mise en scène dynamique et légère,porté par une distribution en grande forme.C'est souvent drôle,parfois émouvant.Les actrices,qui rivalisent de beauté et de charme,performent à fond dans des styles divers.Louise Monot est craquante en jeune mariée indécise,Audrey Lamy,en célibataire voulant à tout prix se caser,trouve le ton juste entre énergie comique et vague à l'âme,Shirley Bousquet fait monter la température en bimbo en mal d'enfant,et Elsa Zylberstein campe avec subtilité une desperate housewife au bord de l'implosion.Côté masculin,c'est pas mal non plus.Frank Dubosc,dont la vis comica n'est plus à prouver,incarne avec la retenue nécessaire un chirurgien professionnel de l'adultère.Mathias Mlekuz,éternel deuxième couteau pas assez connu,fait preuve de sa finesse coutumière en directeur de galerie d'art stérile.Arié Elmaleh,en photographe raté,réussit au-delà de la drôlerie de son personnage à en exprimer la fragilité.Et puis surtout il y a Lannick Gautry,une véritable révélation.On avait déjà pu le repérer dans des téléfilms,et il confirme le bien qu'on pouvait en penser.En plus d'être beau gosse,il impose,en ex dépité de la mariée,une présence et une justesse épatantes.