Pénible à regarder. Un film qui manque de rythme, qui manque de proximité physique avec les personnage. On ne fait pas de films sur la torture, surtout psychologique, sans rentrer dans la tête des victimes, sans vrai point de vue. On voudrait ressentir ce qu'ils ressentent : voir user de gros plans en courte focale, de resserrer la profondeur de champ, d'aller chercher la détresse physique, palpable. Ici on s'emmerde, on ne s'attache pas aux personnages que l'on ressent loin de nous, et qu'on a du mal à comprendre.
Du militantisme, et de "l'éco-terrorisme" sans grand fondement, sans discours, ce qui les rend plats, peu crédibles et intéressants. Les références au jeu vidéo sont lourdes, et mal à propos. La déco est horriblement Kitch : le film aurait eu 20 balles de budget que c'était la même, mais le carton pâte l'aurait rendue rafraîchissante.
Ce qui est le plus pénible, c'est que les sujets de la dérive sécuritaire et autoritaire, du déni des conséquences environnementales engendrées par la structure même de l'économie capitaliste, sont des sujets importants. De même, l'existence d'un cinéma de genre en France, et la place que trouvent les réalisatrices dans cette industrie machiste et hautement patriarcale sont tout aussi importants. Et je regrette que ça ne marche pas à ce point, mais à vouloir trop enrober de genre on en oublie ici l'essentiel : le monde décrit dans ce film est déjà là. Nous vivons déjà une pure dystopie cyberpunk. Pas la peine de dire plus que ce qui existe déjà, à moins de se consacrer au fond du problème, plutôt que d'en bâcler la forme.
L'état d'urgence est déjà entré dans le droit commun, l'usage d'outils de contrôle est déjà systématisé, la violence répressive est déjà extrêmement forte et disproportionnée, les contraintes appliquées à l'immigration en France sont déja parmis les plus dures et violentes de l'UE, les ressources vitales, biens publics, aussi nécessaires que l'eau potable elle même, sont déjà privatisées. Pire, des sociétés et fortunes privées, des milices, détiennent déjà plus de pouvoir et richesse que certains États. Parlons en, oui ! Mais sans artifices et autres casques de VR de l'armée qui n'a aucune espèce de sens, et qui nous éloigne de la gravité de problèmes qui sont en fait déjà là.