A l'opposé de nombreuses productions de science-fiction fauchées de l'époque, le film de McLeod Wilcox s'est donné les moyens d'une fiction futuriste spectaculaire et ambitieuse. "Planète interdite" n'est pas avare d'effets spéciaux, dont certains sont remarquables, ni de décors extraterrestres saisissants. Au point que le réalisateur se fait un devoir de nous les présenter avec une certaine ostentation.
Le film n'est pas dépourvu d'ingénuité. Les costumes de l'équipage du commandant Adams (Leslie Nielsen, bien loi du flic Drebin !), les pistolets à rayon laser, le personnage féminin (une jeune fille que sa candeur n'empêche pas d'être sexy, la mode sur les planètes désertes étant aux jupes courtes) sont parmi quelques procédés désuets ou conventionnels du genre.
Posés sur la planète Altair, les hommes du commandant Adams sont tout de suite confrontés à divers phénomènes surnaturels. Longtemps, le récit piétine, entre son affichage un peu trop simple d'un univers futuriste et un pseudo débat scientifique sur une communauté extraterrestre disparue. En revanche, la résolution du mystère Altair sera plus convaincante et prendra même des accents shakespeariens, ce dont on ne doit pas s'étonner lorsque l'on sait que le scénario s'est pour une part inspiré de "La tempête". De fait, "Planète interdite" est un des premiers bons films de science-fiction.