A l’aube des années 2010, la série Bob l’Éponge n’était déjà plus que l’ombre de ce qu’elle fût à l’origine. Les francs éclats de rire provoqués par les premières saisons (inoubliable épisode sur la parentalité, ou celui de l’exil de Carlo à Squidville) avaient ainsi cédé leurs places à de profonds soupirs à mesure que le regard caustique sur les codes sociaux et les stéréotypes de genre posé par son créateur, l’ancien professeur en biologie marine Stephen Hillenburg, s’est aseptisé pour finalement devenir inoffensif. Même sentence pour les films dérivés de la série, où le très bon premier long métrage (Bob l’Éponge, le film) ouvrit la voie à deux autres malheureusement oubliables. Et Plankton, le film, faux spin-off centré sur l’ennemi juré du Capitain Krabs, de confirmer que l’âge d’or de Bikini Bottom est définitivement révolu. La prise de pouvoir de Karen sur les rêves de domination de son copépode de mari constituait pourtant une formidable opportunité pour cet univers de renouer avec ce qui en faisait le sel. Hélas, la crise conjugale se solde par une succession de morceaux musicaux peu inspiré sur le fond comme dans leurs formes. Dépourvu d’audace, de folie, et plus grave encore, d’humour et de méchanceté, Plankton, le film est d’un ennui abyssal.