Platform
7.3
Platform

Film de Jiǎ Zhāng-Kē (2000)

Regarder "Platform" s'est avéré particulièrement pénible, du point de vue du seul plaisir de visionnage. C'est un film très lent et très long, façonnant ses séquences sur la base de moments qui s'étirent, de discussions qui s'éternisent, de plans fixes un peu amorphes — le tout bousculé de temps en temps par des ellipses monumentales, permettant l'exploration d'une petite décennie positionnée entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980 en Chine. Côté pile, on suit l'histoire d'une troupe de théâtre, danseurs et chanteurs, sillonnant une province au gré de représentations de leur pièce à la gloire de Mao. Côté face, Jia Zhangke imprimait déjà la marque de son style à l'occasion de sa deuxième réalisation en proposant un portrait de son pays et un commentaire social sur les conséquences des orientations politiques nationales.


En 2000, il réalisait donc une chronique d'un certain passé, capturant un moment-clé de la transition sociétale en Chine. L'idée est séduisante, mais ne s'est pas traduite en termes cinématographiques particulièrement agréables me concernant. Beaucoup de silences, beaucoup de scènes qui s'éternisent, minant la dynamique narrative au point de susciter un certain ennui. On retrouve l'actrice fétiche du réalisateur, Zhào Tāo, ainsi que l'acteur Wáng Hóng-Wěi déjà présent dans son précédent "Xiao Wu, artisan pickpocket", mais dans une composition un peu trop lourde et molle à mon goût — comme un Woody Allen en mode vilain petit canard en proie à des mésaventures sentimentales.


Ainsi se croisent les histoires d'amour et les petits changements introduits par le changement de régime, on voit débarquer la musique pop, les coiffures de type permanente, les clopes, les habits occidentaux, etc. On sent que des cultures étrangères imprègnent peu à peu leur quotidien. Mais il ne s'agit que d'une bulle, cette sensation n'étant pas partagée par la majorité de la population, et les orientations politiques évoluant encore différemment dans les années 80. J'ai senti l'intention mélancolique du film sans qu'elle ne m'atteigne, pour des raisons formelles essentiellement. Lente bascule vers une nouvelle structuration générant son lot de désenchantements divers. Dommage que la perspective soit aussi amorphe et contemplative, et que les scènes interminables prennent autant le dessus.


Créée

le 11 déc. 2025

Critique lue 40 fois

Morrinson

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