Commencer l'année par un film français, c'est bien, on défend ardemment les couleurs de notre cinéma ! Honnêtement, c'est sur un coup de tête et sans aucune information sur le film que je me suis lancé à corps perdu dans ma séance. Bon j'avoue, Alice Isaaz au casting tout de suite ça m'intéresse beaucoup plus (j'adore cette actrice). C'est donc Play le premier film de notre année et autant dire que la barre est déjà placée assez haute avec ce film.
De base, le postulat de base est juste dingue: faire une comédie romantique avec la méthode du Found-Footage. Oui oui, on parle bien de la technique novatrice amenée par le film culte, Blair Witch Project (c'est beaucoup plus classe en anglais) et qui a depuis beaucoup trop été utilisée par le genre de l'épouvante-horreur et très peu par d'autres genres. Alors, que ce procédé soit utilisé pour faire une comédie et en plus par le cinéma français, dieu que ça pouvait s'écraser au sol. Et pourtant, ce film est vraiment réussi et m'a profondément parlé. Dans un sens, c'est la vie de tout le monde qui est raconté dans ce film: on a tous un groupe de pote avec lesquels on a tissé des liens tellement forts qu'ils sont devenus nos frères et sœurs. Et bien, Play, c'est le film de la vie de Max et et de ses amies.
Disons le de suite, la où le film est vraiment excellent, c'est dans la frontière qui sépare la réalité des personnages de celle des acteurs du film. Putain c'est une des rare fois où je me suis posé la question de savoir si oui ou non c'était réel ou pas. Et cela passe par le procédé de la caméra à la première personne, qui est juste, parfaitement utilisé tout le long du film et qui place un flou constant entre réalité et fiction. Cela passe aussi par le choix du casting: ils sont vraiment aller chercher des versions miniatures du casting adulte (sauf pour Alice Isaaz qui joue sa version adolescente également). Il y a eu un travail énorme autour du choix des acteurs dont certains sont justes excellents. Je pense à la version adolescente de Matthias interprété par Gabriel Caballero. Donnez un césar à ce jeune! Je m'emporte clairement mais vraiment, il est génial ce petit.
Surtout que les acteurs avaient la pression pour ce film. Le procédé filmique utilisé dans le film les place de manière frontale automatiquement et donc, au moindre faux pas, cela se voit de suite et le film tombe à l'eau. Je n'imagine même pas le travail qu'il a fallu avant de pouvoir tourner de manière aussi naturelle pour que l'ensemble passe vraiment comme une vie vraiment vécue par le casting. Franchement, ce film est un tour de force technique et scénaristique majeur pour le cinéma français. Personnellement, je n'avais jamais vu un film osé à ce point quelque chose de neuf dans le cinéma français depuis longtemps.
Mais, au-delà d'être un tour de force, le film est aussi tellement juste dans ses propos et dans ce qu'il propose: il était facile de tomber dans le piège de l'invraisemblable et donc, de perdre tout le côté autour de la question du vécu ou non. Ici, les personnages vivent des choses simples et n'ont pas des vies extraordinaires: on retrouve avec plaisir des images importantes de la fin des années 2000 mais aussi, des choix musicaux marquants qui suivent la temporalité du film. De plus, le film est écrit en se basant sur des faits réels: Le personnage interprété par Max Boublil est clairement basé sur sa propre vie. D'où le fait que le film joue vraiment sur l'idée de vécu ou non pour son casting.
Pour finir, Play c'est un film qui a vraiment résonné en moi parce que tout ce qui se passe dans le film aurait put m'arriver, à moi et à mes potes, avec quelques années de décalage. Et je pense que le film va résonner chez beaucoup de personnes, faisant remonter des souvenirs lointains, positifs et négatifs mais important dans une vie.
Play est une vraie surprise pour moi, d'autant que de base, je ne suis pas fan de Max Boublil mais-là, le film m'a complètement transporté dans son univers et m'a juste fait regretter de ne pas avoir filmé ma vie plus jeune pour en faire un film que j'aurai montré à tous ceux qui ont fait parti de ma vie et qui en font toujours parti. Audacieux, juste, miroir sur la vie de chacun, Play frappe droit dans le coeur et donne la patate.