2020, nouvelle décennie, nouveaux horizons. C'est l'occasion pour certains de se retourner et de dresser un bilan de leur vie pour mieux avancer. C'est ce que fait le personnage de Max dans Play qui décide de se replonger dans les rushes de son vieux caméscope, reçu à Noël 1993 alors qu'il avait 13 ans... En soit, bien qu'Anthony Marciano n'invente rien en empruntant la forme du found footage, son film fait du bien et parle, je pense, à toute une génération. La mise en scène et la reconstitution des années 90 et 2000, que ce soit au niveau des costumes, des décors, de la ressemblance bluffante entre les acteurs ou de la qualité parfois médiocre des images et du son sont épatants, intelligents et évocateurs. Difficile de ne pas se reconnaitre et de ne pas être mort de rire face à l'évidence de certaines scènes ou bien encore ému. On se reconnait dans des détails, dans la relation aux amis d'enfance, aux parents, aux soeurs... On se revoit ado en train d'expérimenter toutes les fonctionnalités limitées du caméscope, ou en train de réaliser son propre film d'horreur. Dans la simplicité de ce portrait, le réalisateur frappe fort en montrant le temps qui file à toute allure, mais toujours avec tendresse et lucidité. Derrière cette comédie romantique au récit classique se cache aussi une déclaration d'amour pour le cinéma, subtile et secondaire, mais indispensable à la construction de Play. C'est donc un regard générationnel efficace servi avec une touche personnelle juste et forte. Les acteurs, enfin, sont tous excellents et rendent ce film plus vrai que nature. J'ai été un peu moins convaincu par la dernière génération, un peu moins crédible dans leur tranche d'âge de 25 à 39 ans... Notamment Max Boublil et Malik Zidi. Néanmoins, Play reste une pure bouffée de nostalgie, techniquement audacieuse, qui réveillera de bons souvenirs, allant même jusqu'à faire couler une petite larme.