Étrange expérience que la relation que j'ai entretenue avec ce film au cours d'un date d'un peu plus de deux heures.
Tout a pourtant bien commencé, un couple de personnages discute, au loin apparaît un homme de ménage qui est ensuite suivi par un homme d'affaires, la vie, la foule commencent à imprégner l'écran d'un monde très gris.
Cette première image me reconnecte avec la filmographie de Tati que j'ai eu l'occasion de découvrir au fil des semaines de cet été grâce à une rétrospective organisée par mon cinéma : Les Vacances de Monsieur Hulot, Mon Oncle et, pour terminer, Playtime.
Mais contrairement aux précédents opus les minutes défilent et petit à petit l'admiration d'une mise en scène du détail laisse la place à une sorte d'ennui qui prendra son point d'orgue lors de la scène de l'appartement fenêtre sur rue.
Après encore quelques minutes, j'ai pu mettre le doigt sur ce qui me dérangeait, c'était la sensation de dichotomie entre la recherche d'une mise en scène millimétrée qui se veut dans le contrôle quasiment absolu de tout et l'idée défendue d'un homme en marge d'une société huilée.
Et là où une accentuation d'une mise en scène de ce type aurait pu également ajouter une représentation visuelle de la conformité mise en place, j'ai au final plutôt ressenti un réalisateur qui y a pris goût et a organisé ça par pur plaisir esthétique.
Mais comme pour chaque grand film à certains moments, la magie reprend, une entrée tambour battant dans un restaurant et c'est reparti.
Le temps se dilate, la scène dure et on commence à avoir du mal à dire combien de temps elle aura finalement duré. Cette mise en théâtre d'une mini société créée dans l'urgence du spectacle soumis à des tenanciers voulant garder l'ordre établi face à une bordélique naissance se déroulant sous nos yeux au rythme d'une musique qui s'emballe et d'une société qui déraille.
Extrêmement impressionnant dans sa création, un film qu'on qualifie aujourd'hui j'imagine de "film-somme", pourtant ma préférence de cette rétrospective irait à la candeur et l'innocence des Vacances de Monsieur Hulot..
Mais maintenant que j'y pense Mon Oncle m'est revenu en tête une semaine après le visionnage.. hum.. non je pense qu'on devra réorganiser un date?