Non mais il faut mûrir un peu avant de dire "olol Pokémon C pourh lé gam1". Grandissez et apprenez à savourer les petits plaisirs de la vie.

Allez chercher un travail, soyez payé, achetez le DvD (ou le Blu-Ray), et admirez un peu. Un chef d'oeuvre, rien de moins.

Pokémon : le Film, ça n'est pas juste un dessin animé pour enfants, c'est aussi une réflexion éthique, philosophique et psychologique. Car ce film a pour sujet et problématique la question du clonage, mais sous un angle très différent de celui qui nous est proposé habituellement, c'est à dire du point de vue de l'être clone.

En effet, l'être né artificiellement, Mewtwo, va être en quête du sens de sa vie, et va chercher sa place dans un monde où il n'a pas sa place. Son premier acte va en effet être le rejet/ de sa condition, et ce de façon violente. Ne pouvant supporter la vérité sur sa création, il va en effacer les preuves par la destruction.

Ensuite, et c'est là que l'on peut parler de psychologie, il va effectuer d'une certaine manière un attachement affectif vers Giovanni, le chef de la Team Rocket, tel l'enfant et sa figure d'attachement. Il va obéir et suivre ses commandements afin de s'entraîner, et au final de grandir. L'on accède aux étapes majeures du processus de développement de l'enfant : un stade oral rapide d'environ deux minutes où il découvre son corps, le début de la phase anale avec la destruction du laboratoire de sa création, et enfin la phase phallique, plus longue, durant laquelle il va entraîner sa force et ses capacités sous la supervision de Giovanni. Pourquoi reste-t-il ? C'est à cause de l'angoisse de la castration. C'est le début de l'Œdipe : le petit garçon a peur du père qui pourrait lui arracher sa puissance. La sortie de l'Œdipe se fait alors de façon violente : par une tentative de meurtre du père : l'enfant doit se libérer, et ici n'arrive pas à sublimer cette angoisse et ces pulsions de mort.

S'en vient alors pour Mewtwo une recherche de sens de la vie, et il va au final répéter le schéma parental éducationnel qu'il a vécu, tout en trouvant aussi une solution à son manque de groupe d'appartenance : il va créer d'autres clones, et ce en asservissant certains êtres humains au passage, comme lui a été asservi. Et d'ailleurs, un détail prend alors son importance : il revient sur l'île du début sur laquelle il a été créé. Dans sa quête d'identité et de sens, il revient à la seul certitude qu'il a, utilisant le Cogito cartésien, et construit sa réflexion à partir de là.

La réflexion éthique se concentre évidemment sur la moralité du clonage, mais, comme nous l'avons déjà dit, par le biais de l'individu clone. En effet, car si le clonage peut être effectué, le problème n'est pas tant pour nous que pour celui qui a été créé. Le problème n'est pas par rapport à notre droit de créer la vie, mais par rapport à notre droit sur celui qui a été créé. Pourquoi l'individu serait à notre service, alors que tous naissent libres et égaux ? Et de quel droit créerions nous un individu sans pouvoir lui donner un développement psychologique et physiologique normal ? De quel droit serait-il par la suite un rat de laboratoire pour nos recherches ?

La philosophie du film, elle, profite de cet aspect inhabituel de la vie créée pour développer une réflexion sur ce qui est inaltérable, quelle que soit la forme de vie et la façon qu'elle a eu de se développer dans son environnement, c'est une recherche du soi, afin de savoir quel est le sens de la vie de l'individu pensant.

Au final, c'est donc une réflexion bien plus profonde qu'il n'y paraîtrait qu'offre ce film, en abordant des sujets importants, mais en gardant quand même un aspect de divertissement pour enfants. Malheureusement il est difficile pour beaucoup de passer outre l'apparence pour réfléchir à ce qu'il y a derrière, et l'on préfère lire quelque chose qui va tout prémâcher plutôt que de regarder Pokémon. Cela permet de briller plus fortement en société le samedi soir. C'est compréhensible. Triste, mais compréhensible.


PS : Il est dommage que la version occidentale ai été censurée en partie à cause d'un discours machiste ou de Sacha qui se gave de riz.
Flagadoss
10
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes et Les meilleurs films d'animation japonais

Le 11 juin 2011

141 j'aime

62 commentaires

Pokémon, le film
waddle-doo777
7

"Amputé" dans sa version occidentale

Soyons clairs : 4Kids a commis l'irréparable en remaniant le film à sa sauce. J'ai mis 7 à la version occidentale ; j'aurais facilement mis 9 ou 10 à la version originale. Pourquoi ? Parce que les...

il y a 9 ans

26 j'aime

8

Pokémon, le film
khms
7

Critique de Pokémon, le film par khms

Nostalgie nostalgie. Je pense que gosse on a tous vus, ce film, on a tous pleuré quand les pokémons sauvaient Sacha avec leur larmes, tous adorés comment Mew bougeait, tous bavés devant Mewtwo...

il y a 12 ans

18 j'aime

Pokémon, le film
Liszto
10

Un film, toute une philosophie

Comment dire ce que j'ai ressenti en regardant ce film... Une déferlante de sentiments plus intenses les uns que les autres. Une véritable philosophie que raconte ce film au travers des aventures...

il y a 12 ans

17 j'aime

2

Pokémon, le film
Flagadoss
10

There is more than meets the eye.

Non mais il faut mûrir un peu avant de dire "olol Pokémon C pourh lé gam1". Grandissez et apprenez à savourer les petits plaisirs de la vie. Allez chercher un travail, soyez payé, achetez le DvD (ou...

il y a 11 ans

141 j'aime

62

Pokémon X
Flagadoss
9
Pokémon X

Reprennez donc de ce Xérès avec votre Yaourt.

Apparemment quand on a un pseudo de Pokémon, il faut faire des critiques de la licence au lieu de faire le rentier du like sur des vieilles critiques et listes. Soit. Après avoir réalisé le rêve de...

il y a 9 ans

138 j'aime

24

Gurren Lagann
Flagadoss
9

L'anime qui divise littéralement par zéro.

Tengen Toppa Gurren-Lagann, c'est trop bien. La preuve : je viens de regarder les 27 épisodes d'affilé et j'ai fait qu'une pause sandwich au milieu. Ça commence en douceur genre Shônen dans un monde...

il y a 11 ans

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29