Il s’agira d’un 8/10 pour Polar…
Alors je désamorce tout de suite : oui, j’ai aimé ce film, notamment pour l’interprétation de Mads Mikkelsen. Polar est un film clivant, comme en témoignent les critiques très contrastées à son sujet. Pour ma part, je fais clairement partie de ses défenseurs. La note peut paraître élevée, certes, mais j’ai été totalement emporté par cet univers : ses personnages loufoques à souhait, le charisme glacial de Mikkelsen, son côté trash et résolument décalé. Car oui, Polar est un OVNI à bien des égards. Et c’est justement ce qui fait qu’on l’aime… ou pas. Entrons dans le détail.
Sexe, drogue, flingues, gore — et j’en passe. Voilà à quoi s’attendre dès les premières minutes. La scène d’introduction nous plonge immédiatement dans l’ambiance, donnant le ton du reste du film. On suit ensuite à la trace le Black Kaiser, alias Mikkelsen, un tueur à gages redouté, à qui l’on a demandé de mettre de côté toute forme d’humanité. Pourtant, à l’aube de sa retraite, il cherche un semblant de rédemption. Problème : l’organisation qui l’emploie ne voit pas sa retraite d’un bon œil. Pour des raisons financières, elle préfère l’éliminer plutôt que de continuer à le payer. Le scénario est simple, mais efficace, porté par des personnages bien ancrés dans cet univers déjanté. Et c’est ce qui, à mes yeux, rend Polar assez unique.
Le rythme du film peut surprendre : parfois lent, parfois soudainement nerveux. Le Black Kaiser est létal, d’une efficacité terrifiante (mention spéciale à la scène de l’hôtel). Mikkelsen incarne son personnage avec brio. Il parle peu, agit avec précision, impose le respect. On comprend aisément pourquoi tout le monde le craint — et on en vient même à ressentir cette peur avec ses adversaires. L’ensemble fonctionne très bien, avec une progression narrative bien construite et quelques retournements de situation bien sentis.
Sur le plan technique, j’ai apprécié une certaine audace dans la mise en scène : des choix de plans intéressants, des couleurs tranchées, une bande-son originale et bien pensée. Les scènes d’action sont au rendez-vous, brutales, parfois excessives, flirtant avec le caricatural. Il est vrai que le Kaiser semble parfois trop invincible, ce qui peut nuire à la crédibilité et à l’intensité dramatique. De plus, malgré un twist final honorable, la conclusion m’a semblé un peu expéditive.
Points positifs :
- Mads Mikkelsen et son Black Kaiser
- Les scènes d'action, dures et gores
- Une réalisation audacieuse
- C'est complètement décalé, et j'adore
- L'ensemble des personnages, tous plus loufoques
- Une musique appréciable bien que parfois discrètes
Points négatifs :
- Un finish trop classique finalement
- Attention au réalisme de certaines scènes
Conclusion :
J’ai passé un bon moment devant ce film résolument clivant. Évidemment, ce n’est pas le film de l’année, mais il se laisse regarder de manière plus que correcte. L’univers est totalement décalé, et c’est justement ce qui fait qu’on y adhère… ou pas. C’est l’un de ces projets qui ne laissent pas indifférent. Mads Mikkelsen, selon moi, sublime l’ensemble grâce à un jeu d’acteur dont lui seul a le secret. Je comprends parfaitement les avis divergents autour de ce film, mais je fais partie de ceux qui l’ont apprécié.