La production se flatte, en exergue, de raconter des faits "rigoureusement exacts" ; on la croit d'autant plus qu'ils n'ont rien que de très ordinaire. Mais pour ce qui est du réalisme des personnages, flics et truands, c'est une autre histoire.
Le cinéma français des années 30 ne s'est pas fait du polar une spécialité. Et ça se voit dans ce "Police mondaine" tourné à deux et sans style. La mise en scène est élémentaire et s'encombre également de scènes et personnages très subalternes, pour ne pas dire inutile.
Donc, si peu inventé qu'il soit, ce sujet policier reste complètement anecdotique, d'autant qu'on en a tellement vu depuis...L'intrigue se résume à un trafic de drogue des plus simplistes que le commissaire Picard (Larquey, en vieux de la vieille alternativement implacable et sentimental) et ses hommes de la "mondaine" s'évertuent à éradiquer. Ils ont cependant en face d'eux le criminel redoutable Salviati (Charles Vanel) et, accessoirement, une petite crapule (J.L.Barrault). Ils sont tous des personnages sans nuances, ce qui limite singulièrement leur intérêt. Le film a quand même pour lui un style direct et une action sans tergiversations.
Quant à la toute dernière scène, lunaire, elle ne relève sûrement pas des faits "rigoureusement exacts", où le commissaire, pour célébrer la fin du gang Salviati, invite un couple de témoins suspectés à tort à dîner chez lui !