--- Bonsoir, voyageur égaré. Te voila arrivé sur une critique un peu particulière: celle-ci s'inscrit dans une étrange série mi-critique, mi-narrative, mi-expérience. Plus précisément, tu es là au neuvième épisode de la huitième saison. Si tu veux reprendre la série à sa saison 1, le sommaire est ici :
https://www.senscritique.com/liste/Vampire_s_new_groove/1407163
Et si tu préfères juste le sommaire de la saison en cour, il est là :
https://www.senscritique.com/liste/soul_s/3323463
Et si tu ne veux rien de tout ça, je m'excuse pour les parties narratives de cette critique qui te sembleront bien inutiles...---
Oh ! Eh bien si ce n'était que ça le creux de la vague, tout va bien ! Le niveau remonte à nouveau ce soir à son sommet. Quelle merveille que ce Poltergeist. Quel sens du rythme, de l'angoisse, de l'humour, de l'intrigue, de la romance, quel maitrise de bout en bout et à tout niveau de la narration et du cinéma, au service non pas de la masturbation intellectuelle, mais du divertissement, dans tout ce qu'il a de plus noble.
J'atteignais ce soir évidemment mon premier gros film culte, et à part la mention de Spielberg au générique, j'étais curieuse de découvrir pourquoi. Et bien le mystère est levé, étincelant : dans le plus pur style des années 80, et leur passion pour ces familles proprettes de banlieue pavillonnaires, et leurs effets spéciaux attendrissants dont elles s'enorgueillissent, et leurs scénarios qui commencent dans le calme et l'humour doux pour basculer lentement dans le genre visé, ce film là se détache de tous les autres par son génie. Le film est fourni, en personnage secondaires, en dialogues, en informations, en détails en tout genre et pourtant rien n'est anodin. Tout est placé là, de cette manière et à ce moment, pour pouvoir résonner plus tard avec l'intrigue, conduire les péripéties, emmener la résolution. La musique, la photographie, le montage, le jeu (même celui des enfants), tout rivalise de maitrise avec cette narration virtuose. Evidemment certains détails ont vieilli (c'est quoi cette mère qui rit quand elle voit sa fille se faire harceler sexuellement, et quand son fils raconte se faire racketer à l'école ? Et c'est quoi cette mère qui a 32 ans d'une fille qui en a 16 ? Est-ce qu'on pourrait avoir un minimum d'explication à ce sujet où est ce que tout ça appartient à la magie du Saint-Esprit qui fait que les femmes à Hollywood arrêtent de vieillir au début de leur trentaine ?), pour autant le film n'a pas l'air usé, ringard ou réac, grâce notamment à la présence de ce personnage féminin puissant, leader de son destin et de celui des autres, et à un second personnage féminin qui vient représenter la science et le savoir, et surtout à leur très belle relation qui rend le film Bechdel friendly ++. Le seul défaut restant est donc la fin, au goût de faux départ mais à l'envers, finalement de cette double fin, on aurait pu se dispenser de la dernière. Tout était déjà dit avec une relative subtilité, il n'étais peut-être pas nécessaire de rajouter une scène qui redit la même chose mais plus fort. C'est dommage.