L'effet nostalgie que provoque chez moi le cinéma des années 80 me pousse parfois à me montrer conciliant, mais cette complaisance a été soumise à rude épreuve sur ce misérable troisième opus : on boit ici le calice d'une franchise jusqu'à la lie de la médiocrité.
Les spectateurs des deux précédents épisodes en ont bien compris les thèmes et les codes que les producteurs s'évertuent à répéter : les forces d'un Mal ancestral cherchent des noises jusque dans le confort douillet du pavillon d'une famille américaine middle-class en tentant d'emporter la petite Carol Ann "de l'autre côté".
Exit le pavillon de banlieue, terminé le lotissement bâti sur un cimetière profané suite à de basses opérations immobilières, changement total de casting (papa et maman Freeling ne rempilent pas ; qui sait ? Peut-être que maman-Jobeth Williams et papa-Craig Nelson avaient senti le projet opportuniste foireux ?...). Changement d'unité de lieu mais enjeux scénaristiques inchangés : Carol Ann habite désormais chez tonton et tata qui vivent dans le décor minéral d'une tour ultra-moderne (parce qu'en 1988, une tour de cette nature, ça devait être la "hype" absolue en termes de confort moderne) où les esprits malfaisants continuent de la traquer.
Malgré un casting qui comprend certaines pointures de l'époque (Tom Skerrit qu'on a vu dans "Alien" et Nancy Allen qu'on a vu dans les thrillers les plus connus et réussis de De Palma s'ingénient à jouer comme des pinces à linge), malgré des effets spéciaux qui capitalisent sur de récurrents jeux de reflets sur les surfaces réfléchissantes, ce film s'avère d'un ridicule consommé (argh, la séquence dans le garage souterrain avec les voitures couvertes de glace !... Et s'il n'y avait que ça...).
Il n'y a hélas - et à mon humble avis - rien à sauver dans cette purge infâme qui clôture une trilogie de bien vilaine façon (et triste aussi, puisque la petite actrice blonde est décédée durant le tournage - mais pas à cause du tournage, précisons-le).
C'est un navet premium pour les complétistes acharnés qui veulent avoir vu les trois "Poltergeist". Afin de gagner du temps, l'amateur de films fantastiques eighties produits par les grands studios pourra arrêter sa découverte au premier opus qui reste à mes yeux, inégalé.
Reste toujours une question lancinante : à quel moment des investisseurs croient en ce genre de projet qui sent déjà la matière fécale avant même d'être tourné ??