Ok, vient pas me charrier pour le titre, il est ce qu'il est.
On pourrait croire que dès qu'une nouvelle année commence, il est de bon ton de se montrer résolument décidé à se résoudre à de bonnes résolutions.
Je t'avais dit, ce n'est que le début.
À chaque fois que j'ai mis en place un programme, pourtant de prime abord assez excitant, je m'y suis tenu genre une demi journée.
Je ne dis pas que tu n'as pas de volonté, toi, mais un peu comme toujours, je parle surtout pour moi.
La volonté est à Kenshin ce que l'espoir est aux films de Bong Joon-ho.
Une incongruité.
Comme je ne savais pas bien quoi regarder je me suis dit que l'ambiance de début d'année était propice à un petit John Water. Un troisième film, j'pourrais ainsi lui ouvrir une liste.
Vas donc pour celui là.
Je suis un peu fatigué et il ne dure pas plus d'une heure et demie.
Le film s'ouvre sur une innovation technologique, une révolution cinématographique : l'Odorama.
Voilà un concept extraordinaire. Non vraiment, ça donne envie d'acheter le dvd et de profiter des deux cartes à gratter fournies.
Imagines si, à l'instar de la trois d, Waters avait réussi à imposer cette révolution dans tous les cinémas, nous aurions la chance, comme pour le spectacle "La véritable Histoire de France" de Royal de Luxe, où en plus d'un décor particulièrement impressionnant – un livre géant qui servait de plateau et dont les machinistes pouvaient tourner les pages pour changer de décor – ils avaient décidé d'immerger un peu plus le spectateur dans l'ambiance du spectacle en balançant des odeur via d'énormes ventilateurs, de profiter des odeurs présentes dans les films.
Imagine toi, le héros se retrouve coincé, acculé dans une impasse sombre, les murs suinte d'humidité, les poubelles n'ont pas été ramassées depuis 3 jours – nous sommes à Marseille pendant une grève des éboueurs -, serait-ce une flaque de pisse dans laquelle notre héros vient de plonger la main ?
Et ce con ne s'essuie-t-il pas son visage dégoulinant de sueur, après cette haletante course poursuite, avec cette maudite main souillée ?
Imagine le plaisir olfactif de le retrouver là, dans cette situation des plus tendues, partageant avec lui, si ce n'est la peur d'être mis à mort d'une rafale de Kalachnikov ® , au moins la puanteur ambiante.
Bon, tu avoueras que privé de cet ustensile indispensable à la pleine appréciation de l'œuvre de John, le plaisir s'en trouve amoindri.
Surtout que l'histoire est franchement assez décousue, on la croirait faites de saynètes accolées les unes aux autres, où les ellipses temporelles sont légions et où l'on se concentre essentiellement sur le destin de cette pauvre Francine.
Le film aborde, de plus, beaucoup de thèmes pour lesquels je me demande vraiment où se positionne John Waters.
Prenons l'avortement par exemple. Amené de façon abrupte, on peut se réjouir tout de même que Lu-lu enceinte d'un enfant qu'elle ne désire pas opte pour cette solution. Intervention d'allumés pro-vie, de ceux qui sont violemment convaincu que le diable œuvre chaque jour un peu plus pour pervertir les êtres humains égarés loin de la lumière divine.
Finalement Lu-lu fera une fausse couche. Est-ce la une pirouette pour ne se prononcer qu'à moitié ?
Et ce n'est pas la présence d'un fétichiste des pieds, même psychologiquement instable, ou des Cahiers du Cinéma qui remonteront mon estime pour ce film.
Pour ceux que ça intéresse, on peut voir en vrac dans ce film, des derrières, des bas, une affiche de Faster, Pussycat ! Kill ! Kill !, et un ou plusieurs placements de produit, dont du Pepsi en veux-tu, en voilà.
Il y a aussi des filles et des flingues.
Et Divine. Et ça, même si Edith Massey – qui lui donne très souvent la réplique - m'insupporte, ça compte.
Déçu, par conséquent, par celui qui semblait pourtant exceller dans le mauvais goût.
xoxo