"L'Exorciste" version juive. Histoire très classique mais rendue intéressante par certains aspects.
"L'Exorciste" version juive, ou l'histoire des membres d'une famille qui vont renouer des liens grâce à un phénomène paranormal.
Que les choses soient claires : "The Possession" n'apporte en aucun cas quelque chose de nouveau au genre des films d'exorcisme. Même si les événements ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux dans "L'Exorciste" ni même présentés de la même manière, le film conserve exactement la même structure, à tel point que toutes les actions du film sont assez prévisibles et non originales. On a une jeune et innocente jeune fille qui devient possédée (ici, le démon est juif et provient d'une boîte que ladite jeune fille a trouvée par hasard lors d'une vente de garage). Les parents (ici le père) commencent à culpabiliser (sont-ce eux qui sont de mauvais parents au point de rendre la jeune fille invivable ?) pour finir par apprendre l'existence du démon. Résultat de tout ça : une fin magistrale avec un prêtre (ici un prêtre juif donc) qui va exorciser la jeune fille alors que sa possession est dans un état avancé.
Eh oui, vous l'aurez remarqué, rien n'a été inventé par les scénaristes. La mention "d'après une histoire vraie", eh bien c'est en réalité "d'après une boîte qui a vraiment existé et qui mettait son propriétaire mal à l'aise", le tout introduit dans l'histoire de "L'Exorciste". Cela dit, "The Possession" s'avère tout de même assez réussi. Il y a bien évidemment les scènes d'horreur et la scène d'exorcisme, qui sont encore bien saisissantes, le tout sans compter les insectes insérés dans certaines scènes comme éléments de terreur. Mais, au fond, le réalisateur Ole Bornedal a bien compris que ce n'est pas de ce côté là qu'il allait parvenir à apporter quelque chose d'intéressant à l'histoire.
Ce qui est vraiment réussi au niveau de l'intrigue, c'est la façon dont les scénaristes sont parvenus à insérer les problèmes familiaux dans celle-ci. Les parents de la jeune fille (qui a, d'autre part, une sœur) sont divorcés. La jeune fille en question ne s'entend pas avec son père. Bref, la relation entre les personnages est déjà tendue avant même l'arrivée de la boîte. Ce qui est au final intéressant dans "The Possession", c'est d'observer comment la relation entre les personnages évolue au fil des événements. Certaines scènes sont assez maladroites et simplistes, comme celle où le démon présent dans la jeune fille tue d'un coup le nouvel amant de sa mère, ce qui va évidemment faciliter le rapprochement des deux parents et favoriser un happy end hollywoodien très classique, mais l'ensemble reste encore agréable au regard.
On peut donc se réjouir qu'Ole Bornedal ne met pas trop l'accent sur les séquences de terreurs mais s'intéresse également à d'autres éléments. Cela dit, le film est vite achevé et la scène d'exorcisme finale, qui prévoyait d'être extrême et qui est en soi assez riche en suspense, laisse un goût de trop peu. Un demi succès donc pour ce film d'exorcisme. L'intérêt de "The Possession" ne se trouve donc pas là où les publicités nous font porter notre regard – à savoir le côté "histoire vraie" ou "version juive" – mais plutôt dans la manière dont le réalisateur esquive adroitement le côté 'copie conforme' de "L'Exorciste" en nous proposant cette sous-histoire d'une famille qui avait des problèmes mais qui est finalement parvenue à se reconstituer, le tout sans compter que les acteurs tiennent bien leurs rôles, à commencer par le père (Jeffrey Dean Morgan) et sa fille possédée (Natasha Calis), vraiment maléfique !