Un film qui assez mal vieillit, alors qu’il jouissait d’une certaine « aura », à l’époque, je l’avais d’ailleurs vu, tout jeune homme . Tout d’abord une forme et une qualité cinématographique, très pauvre, des images tremblantes, des éclairages qui font dans l’à peu près, un ou deux travellings sans cohérences. On est même en dessous du niveau d’un téléfilm basique contemporain.
On comprend donc que c’est le fond du sujet qui était privilégié par Coline Serreau. Pour la première fois était montré à l’écran une forme de bisexualité, et une relation à trois assumée : un trouple comme on dit aujourd’hui. C’était effectivement novateur, quoique que , en 1977 , dans l’après mai 68 , la vie en communauté pratiquant l’amour libre, existait déjà et cela se savait, rien de si marginal . De plus il y a des personnages secondaires assez glauques qui viennent perturber le discours principal.
Et finalement, on comprend que les 3 trois héros bravent la norme pour soigner des failles et des fêlures très profondes : pour l’un une folie latente génétique, dont on verra les dégâts sur sa mère, pour le personnage féminin l’abandon de sa famille traditionnelle avec enfant pour ce refuge dans ce trouple et pour le 3eme la séparation avec ces deux enfants. Serait-ce donc à dire que ce mode de vie «libertaire » ne serait qu’une cure « médicinale » pour des gens désaxés et névrotiques ?. Une morale ambiguë et assez étrange avec le recul.
Le jeu des acteurs est moyen, hormis Samy Frey qui est au-dessus du lot grâce à son charisme et talent naturel, pour les autres c’est vraiment limite et souvent cela sonne assez faux. Michel Aumont sauve aussi sa partition toujours excellent dans un personnage par contre loufoque , dont on n’en comprend pas trop l’intérêt. Un film daté, qui ne laissera pas une grande trace.