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"Prey" for action !
Habituellement, les anthologies ou les films à sketchs, qui agglomèrent plusieurs courts métrages à la cohérence plus ou moins évidente, me laissent souvent sur ma faim. Leur structure fragmentée...
le 8 juin 2025
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À l’époque du rachat du catalogue de la Fox par Disney, il semblait peu probable que des franchises tels que Predator et Alien ne deviennent leur priorité. Une trilogie Star Wars ratée, un Avatar 2 bof, un Prey et un Alien Romulus réussis plus tard, il semblerait que Mickey ait flairé l’odeur du blé du côté du sang et des extra-terrestres teigneux. Confié à Dan Trachtenberg (10 Cloverfield lane) en 2022, Prey avait créé la surprise en proposant une préquelle plutôt audacieuse, innovante et peu avare en effets gores. Alors que se profile déjà à l’horizon le prochain Predator Badlands qui de toute évidence se posera en cross-over de la saga Alien via la présence d’une femme artificielle (incarnée par Elle Fanning) de la Weyland-Yutani, Dan Trachtenberg et Joshua Wassung ont entretemps planché sur un film d’animation dédié aux guerriers yautjas et à leurs proies.
Sorti directement sur la plateforme de Disney, Predator : Killer of killers s’avère tout aussi réussi qu’audacieux dans ses ajouts à la mythologie Predator. Pourtant le script s’avère minimaliste. Structuré en quatre chapitres bien distincts, le film aligne trois affrontements opposants chacun le guerrier survivant d’une tuerie à un yautja qui observe les capacités de sa proie avant de l’attaquer à son tour dans l’idée de s’en faire un trophée. Tout cela lors de trois époques différentes et relativement propices au contexte martial : le temps des vikings, celui des samouraïs et la guerre du Pacifique durant la Seconde guerre mondiale. Trois anti-héros : une guerrière "walkyrie" motivée par la vengeance, un ninja souhaitant laver son honneur dans un duel fratricide et un... jeune mécano et pilote d’avion de guerre qui, lui, n’a rien d’un combattant mais tient plus du débrouillard. Le premier chapitre passé, on devine que les suivants en épouseront le déroulement : bref flashback, assaut guerrier face à l’ennemi humain puis duel final avec le yautja. Si le scénario n’a en soit rien d’innovant, c’est surtout la qualité de l’animation et de la réalisation, ainsi que l’esthétique conférée à chaque chapitre, qui font l’intérêt du long-métrage. D’autant que chaque partie est reliée par un intermède annonçant le quatrième et dernier chapitre.
Un dernier acte que l’on jugera au choix comme audacieux ou comme sacrilège. Audacieux parce qu’il remet en cause la finalité des films précédents, ou sacrilège... parce qu’il remet en cause la finalité des films précédents et bouleverse ce que l’on croyait connaître du code d’honneur yautja.
Pourtant Dan Trachtenberg n’a fait que reprendre à son compte une idée vieille de trente ans et imaginée par... Robert Rodriguez. En effet, au début des années 90, entre El Mariachi et Desperado, le cinéaste texan avait écrit pour la Fox le script d’un Predator 3 dans lequel Dutch Schaefer, le héros survivant du classique de John McTiernan, était enlevé et emmené sur la planète des yautjas où il devait affronter dans une arène d’autres guerriers (humains ou pas). Bien évidemment trop coûteux, tant pour son decorum que pour le cachet qu’aurait demandé Schwarzenegger, le film n’a jamais vu le jour. À peine le Predators de Nimród Antal en tirera l’idée de base en exilant plusieurs tueurs humains sur une planète inconnue pour une battue sans grande originalité.
En 2025, Trachtenberg s’empare finalement de l’idée de Rodriguez pour un dernier acte de vingt minutes de suspense et d’action qui confronte la cruauté d’une espèce à la capacité d’entraide de l’autre. Tout cela s’acheminant vers un final ouvrant la voie aux ambitions de Disney pour la suite de la franchise.
Alors oui, ça n’a rien de grandiose. On pourra râler au vu des libertés prises avec la mythologie de la saga. Mais il faut bien reconnaitre les qualités visuelles d’un film qui revisite et approfondit plus que n’importe quel autre opus auparavant la civilisation yautja. On appréciera d’ailleurs le travail effectué, tant sur les décors que sur la variété des designs des guerriers Predators, chaque yautja ayant un look différent témoignant soit de l’époque historique durant laquelle il intervient (comme dans Prey) soit de son rang (à ce titre, le roi Yautja a fière allure).
C’est simple, c’est beau, c’est brutal, gore et divertissant, ce n’est pas réalisé par Paul W.S. Anderson ni par les frangins Strause, et ça fait honneur à l’un des monstres les plus mythiques du cinéma de science-fiction. Alors ne crachons pas trop à la gueule de Mickey et attendons de voir ce qu’il nous prépare pour la suite.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes La SF à l'écran et Douce est la vengeance de celui qui a reçu l'injure
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le 14 juil. 2025
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