Sur la radieuse côte basque, Christian-Jaque met en scène dans la joie et la futilité un bonheur sans tache entre un père pittoresque, bricoleur touche-à-tout, et ses deux charmantes filles. Se peut-il que le film continue longtemps dans cette insignifiance? Non, car les deux filles, la terrienne Nicole et la coquette Danielle sont éprises l'une et l'autre du jeune docteur joué par Raymond Rouleau.
Le film gagne à devenir plus grave et il use même parfois d'un ton mélodramatique. Mais finalement le scénario et les dialogues de Charles Spaak s'y trouvent plus intéressants. Le drame sentimental est assez lisible tout en découvrant des caractères plus sensibles, tel celui du personnage de Nicole interprété par Marie Déa. Cette dernière est le personnage central du film et d'autant plus qu'elle reflète un caractère moral qui convient bien à la doxa pétainiste de la période...Provinciale sans apprêts, sincère et généreuse, elle s'oppose à sa soeur, laquelle, sans être accablée par l'auteur, est attirée par tout ce qui brille...On comprend d'ailleurs dès le début du film le sens de ce contraste. C'est un schématisme que le réalisateur et son scénariste poussent jusqu'au pathétisme.
Cela dit, cette contingence dogmatique dans l'air du temps ajoute de l'intérêt à un film qui, sans cela, serait purement anecdotique.