Présence de Soderbergh est un film ambivalent. L’idée de filmer une maison hantée du point de vue du fantôme est brillante, et la réalisation virtuose – avec ses plans-séquences envoûtants et sa caméra flottante – crée une atmosphère aussi oppressante que poétique. Mais ce potentiel exceptionnel s’étiole rapidement : les personnages, à peine esquissés, restent des archétypes sans épaisseur, et le récit, après avoir flirté avec le fantastique introspectif, bascule dans des explications conventionnelles qui gâchent son mystère. On ressent donc la frustration d’un projet qui, malgré des moments d’une beauté hypnotique et des audaces formelles impressionnantes, semble reculer au moment de véritablement nous toucher. Présence reste un exercice de style impressionnant, mais qui laisse finalement le spectateur sur sa faim, contemplant ce qui aurait pu être un chef-d’œuvre au lieu d’un simple tour de force technique.