Une agréable satire politique qui imagine avec malice le retour sur le devant de la scène d'un duo présidentiel plutôt antinomique en apparence pour contrer la Marine nationale en vue de 2022. Le film ne se veut pas un biopic officiel sur les affres de leur inimitié, pas plus qu'un tract idéologique pour convaincre les partisans de l'un ou de l'autre qu'ils nous sont à nouveau indispensables. Plutôt une parodie guignolesque qui rejoue avec outrance les personnalités fictionalisées de Sarkozy et Hollande. Aucun but particulier, sinon celui d'approcher partiellement la nature profondément narcissique de la fonction suprême et ce qu'elle engage comme personnalisation du pouvoir dans un régime parlementaire.
S'inspirant de faits et gestes réels de leur part pour mieux en faire ressortir l'absurdité du rouage présidentiel, il égratigne gentiment le conformisme et la rigidité du système politique hexagonal et glisse quelques petites pistes en fin de parcours pour tenter de le régénérer un minimum. D'escarmouches en quiproquos, de vanités en complémentarité mais également lassitude de ce jeu de dupes qui porte à bout de bras sa décrépitude, les avatars de l'ancienne République affichent un regard distancié (sans neutralité cependant) sur le futur proche du pays. Dujardin prend avec délectation les mimiques et roueries de Sarkozy et module avec dextérité la voix de son modèle sans le singer platement, et l'on peut dire qu'il s'y atèle assez bien. Gadebois illustre la bonhomie et l'humour du socialiste sans trop en faire, en lui rajoutant du panache et de la morge qui ont parait il beaucoup amusé le principal intéressé. Tandis que Doria Tillier est assez plate en compagne lyrique du premier, Pascale Arbillot est celle qui tire le mieux son épingle du jeu en insufflant une dynamique militante au rôle de la campagne présidentielle.
Le résultat final est parfois quelque peu excessif dans son incarnation et n'épargne pas quelques poncifs inhérents au genre, sans oublier qu'on se retrouve somme toute assez perplexe devant cette hybridation stylistique. Mais on rigole aussi beaucoup et le long métrage à le mérite de ne pas prendre le spectateur pour un imbécile car il ne cherche l’approbation et l'idéalisation de personne.