Franchement, sans la présence de la grande Uma Thurman, dont on désespérait qu’elle retrouve un rôle à la hauteur de son talent après plus de dix ans de nanars alimentaires et de mauvais choix, même pas certain qu’on se serait essayé à lancer le visionnage de ce film de plateforme, en l’occurrence Prime. Car le postulat fait effectivement très peur et pue le contenu à concept débile et sans intérêt destiné à remplir le catalogue de la firme. On a donc des ballerines prises au piège dans une vieille auberge hongroise tenue par une ancienne danseuse revancharde qui abrite des gangsters en tous genres. Et nos danseuses ne vont pas se laisser faire et défourailler à tout va! Vraiment ? Oui, et c’est plutôt une bonne surprise tant qu’on prend ce long-métrage hautement distrayant pour ce qu’il est : une bonne petite série B du samedi soir!
Jamais prétentieux ou se prétendant autre chose que ce qu’il est, « Pretty Lethal » surprend en bien si on passe le côté souvent invraisemblable de cette histoire. Et encore, on voit le travail des scénaristes pour tenter d’occulter cela comme par exemple avec des combats généralement sans armes à feu ou d’autres où les vilains sont peu ou alors séparés, ce qui rend relativement plus réaliste que cinq danseuses puissent en venir à bout. Le seul moment hautement improbable est paradoxalement le plus jubilatoire et le plus agréable à regarder. Et c’est là que la valeur ajoutée de ce film d’action au féminin est la plus perceptible : comme nous avons affaire à des ballerines, toutes les techniques de combat seront indexées sur des mouvements de danse et de ballet. C’est étonnant et clairement magique et Vicky Jenson filme parfaitement ses affrontements, avec une mise en scène ample et lisible. Cela rattrape le spin-off de « John Wick », « Ballerina ». En effet, si ce dernier était réussi, il ne capitalisait jamais sur la danse de ballet pratiquée par l’héroïne.
D’ailleurs, on retrouve Uma Thurman dans un rôle voisin de celui d’Anjelica Huston dans la saga de Keanu Reeves. En ancienne ballerine vengeresse et figure ambivalente, tantôt alliée et tantôt antagoniste, elle trouve un rôle au-dessus de sa moyenne récente et bien mieux que sa prestation pitoyable en vilaine dans le navet « The Old Guard 2 » sur Netflix avec Charlize Theron. Son accent russe n’est pas ridicule et elle apporte prestance et charisme à un personnage qui aurait pu être caricatural. Son final est d’ailleurs explosif dans tous les sens du terme. La bande de ballerines est particulièrement attachante et variée, notamment la principale d’entre elles, Maddie Ziegler. « Pretty Lethal » a en plus le mérite d’être cadencé à belle allure sans baisse de rythme et de potentialiser sur son décor lugubre d’auberge d’Europe de l’Est faisant penser aux « Hostel ». On est donc face à un divertissement plus original qu’il n’y parait et qui transcende sa note d’intention, un peu comme - et dans la même veine - le très injustement méconnu « Bloody Milkshake ».
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