Un groupe de ballerines, dont le bus est tombé en panne, vont devoir survivre dans une auberge isolée. C’est simple et convenu, comme beaucoup de trames de séries B, mais si c’est aussi direct que le pitch timbre poste pourquoi pas...
En l’état je dirai plutôt pourquoi faire ? Car si les présences d’Uma Thurman, évoquant ainsi Kill Bill, et de David Leitch (John Wick, Atomic Blonde, Bullet train) à la production sont une promesse indirecte d’action débridée, il n’en sera rien. Pas que le film soit dénué d’empoignades, mais elles sont tout bonnement désincarnées. La mise en scène n’apporte aucun impact aux coups, aucune énergie, la caméra semblant aussi perdues que nos héroïnes. De la même manière, le potentiel chorégraphique induit par la danse n’est jamais pleinement exploité, se limitant à une ou deux attaques exploitées ad nauseum, symptôme du cinéma d’action actuel. Les méchants sont d'ailleurs un miroir du spectateur attendant que vienne leur tour pour enfin passer à autre chose. La violence est à cette image, ni gore ni viscérale mais aussi artificielle et creuse qu’un oeuf Kinder mais dénué du fun issu du jouet nichant en son sein.
L’histoire semble elle aussi chercher sa place. Cherchant à créer un background complexe au personnage d’Uma Thurman pour se donner un genre, il en oublie la cohérence (une fois leur évasion entamée elles croiseront nombre d’ennemis se contentant de leur demander de retourner d’où elles viennent) et le développement de quoi que se soit d'autre, l’ensemble faisant du sur place. Seules quelques caractéristiques purement fonctionnelles seront données aux personnages (la fille riche, celle obnubilée par la religion, la muette, sa soeur...) et rarement utilisées pleinement, mis à part pour Grace qui donnera lieux à quelques passages vaguement amusants même si convenus et téléphonés. Le casting a un jeu oscillant entre le banale et la finesse de mon chat devant sa pâté (je mentionne ce brave greffier qui subit mes mauvais choix de programme), car si le casting féminin a l'air de s'amuser, les autres eux ont soit décider de se lancer dans un concours de cabotinage soit nous montre comment attendre son tour dans la salle d'attente du dentiste. Anecdote inutile : Zoe est interprétée par Iris Apatow, fille de Judd Apatow le réalisateur de 40 ans toujours puceau.
Au final, une oeuvre ayant autant d’originalité que d’intérêt, qui est au cinéma d’action ce que la tourtel est à la bière, un arrière gout rappelant quelque chose sans jamais apporté l’ivresse. Comme quoi, on peut écrire un scénario sur un post-it et le reste des idées sur l’autre face.