Diffusée entre 2004 et 2007, l'émission To Catch a Predator réinvestissait le concept d'un surprise sur prise en piégeant de véritables prédateurs sexuels face caméra. Affligeant. En racontant les coulisses et d'un tel programme, le réalisateur Lance Oppenheim se défile pourtant quand il faut aller au fond des choses. Oui, le script de Ajon Singh et sa mise en scène semblent condamner cette dérive racoleuse et voyeuriste de la télé-poubelle. Mais quels sont les germes d'un tel phénomène et son impact sur l'audience (7 millions de spectateurs en moyenne !). ? Nous n'en saurons pas plus. Une absence de vision incompréhensible, surtout que Primetime ne se fait pas prier pour moquer la personnalité narcissique de son présentateur Chris Hansen et exposer le cynisme effarant de sa productrice. Et il sait également quand ramener son public sur terre, avec l'entrée de Dan, jeune comédien rêvant d'être une star et qui va se retrouver à jouer les appâts. Le style est assez rentre-dedans, le montage est parsemé de surimpressions et insiste sur la confusion entre la fiction et la réalité fabriquée. Il faut voir Chris Hansen, ivre de lui-même, se lancer dans une performance d'acteur pour manipuler Dan. Dans une prestation sur la corde raide, Robert Pattinson illumine pour la troisième fois en 2026. Et il n'est pas le seul à marquer la pellicule. Skyler Gisondo incarne avec force l'agneau sacrifié dans les arcanes d'un show impitoyable. Pour ainsi dire le seul personnage pour lequel on a un semblant d'empathie, le seul qui s'autorise parfois à être lui-même. Enfin, dans un registre diamétralement opposé, Merritt Wever est admirablement détestable dans le rôle de la productrice Andie. On a déjà suffisamment pour passer un bon moment. En surface, c'est bien. Mais il ne faut pas trop gratter, parce qu'en dessous il y a pas grand chose.