Recette pour un film indé américain :
Des paysages indés : un peu déglingos, avec de la rouille, des décharges et des arbres calcinés.
Une intrigue indé : des gens un peu déglingos, esseulés, qui boivent et font des trucs drôles et contestataires. Genre on peint pas droites les bandes jaunes de la route.
De l’insolite : qui sont ces étranges personnages secondaires, rebuts d’une humanité en déroute dans cette forêt des contes où l’on se ressource à l’écart d’un monde trop cruel ?
Des acteurs indés : Paul Rudd, avec une moustache et une canne à pêche, il est indé, et son beauf, en sosie plus jeune et mince de Jack Black, il est indé.
Une époque : 1988, les montres calculatrices, les K7 et la correspondance par écrit, trop indé.
Et puis la musique, Juno Style, qui te souffle « indé, indé, indé » avec son petit piano lyrique et ses violons discrets, sur les levers de soleil dans la forêt.
Chiant comme la pluie qui n’a pas éteint l’incendie responsable des décors, ce film faussement modeste et réellement inutile a un mérite : il s’oubliera vite.