Emile Hirsch n'aime pas la nature.
Ce n'est pas aisé je pense de filmer correctement la nature. Il y a le paramètre "Oh, ce rayon de soleil à travers le feuilles mortes, c'est très joli mais comment retranscrire ça à l'écran tel que je le vois ?" et le paramètre "hé mais si je filme des arbres pendant une demie heure, peut être que le gens vont se faire chier, même si je met une petite musique au xylophone et ukulélé en fond sonore ?". Deux défis relevés haut la main par Prince of Texas ! Les plans de nature sont sublimes et jamais chiants, on a l'impression d'être vraiment dans la forêt, la virtuosité crève l'écran. Et qui d'autre crève l'écran ? Oui, Emile Hirsch en Jack Black, genre de bouseux citadin, et Paul Rudd avec sa moustache et son attitude hilarante de Handy Man relou ("comment as tu réussi à vivre jusque là sans savoir faire un nœud ou vider un poisson ?" sans déconner, on en connait tous un comme ça non ?), duo parfaitement assorti, et très bien dirigé semble-t-il. On frise parfois le cliché indie (Emile Hirsch + moustache + lumière dorée + ukulele + forêt + 1988, you see what I mean?), mais sans que ça soit trop agaçant, on reste dans le côté lumineux de l'indie US, la bonne veine. De même, l'histoire de base (ils ne peuvent pas trop se blairer et sont coincés à travailler ensemble, BIM, buddy movie) et même le déroulement du film sont assez classiques, mais David Gordon Green s'empare d'un scénar plan plan pour y mettre sa petite griffe pleine de poésie.
Bref, un bon moment, un bon film d'automne qui m'a donné des furieuses envie d'aller marcher dans les feuilles mortes.