À l’époque médiévale, un village reculé de la tribu des Emishis est attaqué par un démon. Le jeune Ashitaka parvient à le tuer, mais il est corrompu par le mal qui rongeait ce dieu sanglier. Suivant les conseils de la shamane et se sachant condamné, Ashitaka par vers l’ouest pour comprendre ce qui se passe. Il découvre alors une guerre entre l’Homme et la Nature.
Sans doute le plus grand succès d’Hayao Miyazaki, Princesse Mononoke est un authentique chef-d’œuvre.
Visuellement, tout d’abord, cet animé est réalisé à la main et Miyazaki a personnellement dessiné 80 000 feuilles (merci, Wikipédia). C’est un travail de malade, mais également d’orfèvre. Les décors, ensuite, sont somptueux. La mise en scène, la composition, les effets de lumières, les graphismes sont sublimes. Les personnages, enfin, sont très bien travaillés avec des contrastes saisissants entre la robustesse des sangliers, l’agilité des loups et la féerie des kodamas. Même la monture d’Ashitaka est d’une originalité recherchée.
Le scénario est complexe, car il se déroule sur plusieurs plans. Au niveau physique, les humains luttent contre des animaux géants pour piller la forêt. Sur le plan spirituel, les hommes rejettent le monde des esprits pour basculer dans le matérialisme et la modernité. Enfin, d’un point de vue individuel, un garçon tente de séduire une fille qui le laisse approcher, mais reste sur ses gardes et préfère finalement conserver sa liberté, même si elle lui octroie le droit de venir la visiter de temps en temps.
Les scènes sont une suite de réflexions sur la beauté du cycle de la vie et la nécessité de la mort en son temps. Le film insiste sur le gâchis d’un décès prématuré et fait le parallèle entre l’exploitation industrielle et la guerre qui tue les êtres vivants humains, animaux et végétaux. Enfin, la chute alerte sur la rébellion de la nature le jour où les dégâts causés par les hommes dépasseront certaines limites.
Princesse Mononoke est une mise en garde écologique contre la modernité destructrice et aveugle. C’est également une plainte pacifique déplorant la guerre qui n’apporte que la mort pour tous. C’est enfin une sublime œuvre d’art alliant à la mythologie japonaise la poésie d’un artiste à l’immense talent. Un chef-d’œuvre à connaître absolument.