Qu'a-t-il bien pu passer par l'esprit de Darren Aronofsky ? Lui qui nous réservait ces dernières années parmi les plus bouleversantes et traumatisantes expériences cinématographiques, Mother! en tête, semble ici avoir mis de côté tout ce qui fait le sel piquant de son cinéma.
Certes on retrouve ici la même ambition de coller au plus près d'un personnage et de le suivre dans les méandres de péripéties de plus en folles, de plus en plus choquantes.
Mais c'est bien le seul élément qui nous permettrait de reconnaître ici la patte de son auteur.
Personnages inconséquents relégués à l'image qu'ils incarnent (les héros qui n'ont pour seul charisme d'être sexy, la flic déjà vue, les méchants caricaturaux), intrigue qui cumule les rebondissements faussement gores, humour lourdingue qui ne fait jamais rire, le tout pour nous servir le cliché ultime d'une américanéité dépassée.
Ce Caught Stealing qui n'a de scorsesien que sa source d'inspiration, se revèle un After Hours vulgaire, bruyant, criard et en manque cruel d'inspiration. Et même si la sauce semble temporairement prendre quand le film vire au délire violent et paranoïaque dans lequel les personnages disparaissent les uns après les autres sans état d'âme, c'est pour mieux prendre son élan et foncer tête baissée vers le ridicule.
On pourra à la rigueur s'amuser du manque de sérieux de l'ensemble et de la décomplexion avec laquelle Aronofsky semble aborder son film, comme conscient de son inconséquence et du divertissement bas de gamme et faussement rock qu'il nous sert (et ce n'est pas le générique de fin digne d'un Disney sous cocaïne qui nous prouvera le contraire).
Si cela se veut ironique, reste encore à le démontrer.