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Perdue dans les cendres d'un rêve dont elle refuse de s'extirper...
En mettant en scène le livre autobiographique de Priscilla Presley, Sofia Coppola réussit plutôt brillamment à s'emparer d'un récit dont l'autrice refuse d'en voir les turpitudes, tout en instillant son sens du cadre et de la répétition, pour aborder avec langueur une fantasmagorie adolescente qui conjugue la lente agonie d'un espoir et la cruauté d'une relation égocentré dont on ne peut sortir qu'en ayant perdu une part de soi.
Comme souvent le récit n'adopte pas, en apparence, de point de vue extérieur. On suit l'ennui et les espoirs d'une jeune fille, si la caméra nous positionne à son niveau, amenant le spectateur à ressentir la lancinante décomposition d'une enfance qui ne su être protégé, elle ne nous propose jamais de mis à plat didactique de ces atermoiements, l'absence de son, les changements de choix musicaux de subtils changement dans le travail de la lumière outrepasse la nécessité des mots.
Tout démarre sur un gros plan sur des pieds vernis marchant sur un tapis cotonneux, ce personnage, qui nous est caché, va ensuite se vernir les ongles des mains puis se parer de faux cils. La coupe se produit et l'on bascule dans un diner ou l'on voit une jeune fille de dos baignant dans une lumière ouatée, nimbée de ce halo lumineux sa fraicheur quasi enfantine nous saute aux yeux.
La succession de ces deux séquences pose une problématique universelle pour les filles adolescente, prisonnière entre un désir de laisser éclater une féminité refoulée et la réalité du jeune âge qui est le leur. C'est dans cette dualité que Priscilla nous est présentée, elle qui va subir la faillite des adultes qui l'entoure et se retrouver embarquer dans une relation mortifère.
Encore une fois c'est avec subtilité que Sofia Coppola va glisser des portions de réalité dans ce rêve qui nous est présenté. Comme ces voix, quasi des murmures, persiflant à son passage des commentaires sur son jeune âge, la mise en scène des premières soirées qu'elle passe dans la maison d'Elvis sur le camp militaire, en effet et de façon très récurrente des corps passe devant le cadre, isolant Priscilla de celui qui reste son prédateur. Ses crises de colère, sa façon de la droguer, ses manipulations permanente visant à l'isoler.
Sur de nombreux points le film se rapproche d'un "L'amour et les forêts" de Valérie Donzelli, tout en faisant preuve de moins de didactisme et en étant bien plus cinématographique. Ses cassures sonores à nous éclater les tympans, ses reprises musicales soulignant les émois de son héroïne, l'évolution du sound design signifiant la sortie de l'emprise, magnifié par l'arrive d'une sonorité latine avec le Oye Como Va de Santana.
Terriblement symbolique quand quelques temps plut tôt on a pu voir Elvis refuser de passer une chanson des Beatles sur son juke box car il se refuse d'écouter une musique non américaine. Un film vraiment brillant ou Coppola joue de son style évanescent bien connu pour aborder un rapport au désir féminin prisonnier entre la volonté d'être et d'exister et trop souvent condamner à être le jouet de ceux qui peuvent le déclencher.
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Créée
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