Prix de beauté par Karalabe
Une note moyenne pour un film au potentiel gâché par les affres de la production et l'arrivée du parlant...
La post-synchro du son et des voix est assez médiocre, pour pas dire ridicule...tout les acteurs masculins sont complètement décrédibilisés, j'ignore si il s'agit d'un doublage réalisés* avec leurs voix; mais le constat est triste: petite voix aigrelette pour le prince séducteur, voix de beauf à peine pubère pour le petit-ami de Loulou, dont sa doubleuse française n'est guère mieux. La palme revient à l'idiot local, ami du couple et qui se traine un accent occitan épouvantable.
Les scènes qui se voulaient ''spectaculairement'' sonores, comme les parlophones, les gramophones, la foule, les machines sont visiblement tirées en longueur sans réelle logique, tant et si bien que ce film ferait bien 20 minutes de moins si un producteur avisé s'était contraint à rester sur l'option du muet et à prendre René Clair comme réalisateur.
Fatalement pour un 'parlant' le sur-jeu du muet se fait ressentir, ce qui lui donne à la fois un coté sympa et mal foutu...pour une histoire quand même bien mélodramatique, oui ça fait tache. D'autant que le scénario était prometteur tout en restant d'une extrême simplicité...on retiendra Loulou, dont son jeu exemplaire parvient à faire ressentir la douleur de son personnage; to be or not to be a queen of beauty? Rester ou pas rester avec beauf de France?
Il reste l'entité Loulou, mi-femme mi travelo, dont sa projection au firmament des reines de beautés européennes est ma foi complètement piquée des vers. Preuve que si elle a un charme indéniable, les canons de beautés ont bien évolués.
Quelques séquences sont remarquables et bizarrement concentrées sur la fin, dans l'appartement qu'elle partagera à regret avec son beauf après avoir renoncée aux avantages de sa nouvelle situation et le final, remarquable, fatal, dans une salle de projection. Tellement remarquable, qu'il gagne en intensité à être coupé de tout son pour apprécier à sa juste valeur le travail de montage et la photographie de cette scène, sans être perturbé par la doubleuse de Loulou qui chante pour l'écran.
Mais je ne serais pas juste de finir par la fin, il faut aussi louer l'aspect 'vivant' du métrage, non seulement par son montage efficace et digne d'un film muet correct, mais aussi par cette volonté de filmer dans la foule, les bains, la fête foraine, ainsi que le concours de beauté...c'est toujours rafraîchissant ces films qui immergent le spectateur dans une époque de manière presque documentaire.
*Sauf pour Louise Brooks dont on sait que c'est une certaine Hélène Regelly qui gâcha le travail.