Encore une vraie réussite de la part de Bresson. J'aime surtout ses films car il vont à l'essentiel, comme le prouve leur durée. Rarement dépassant les 1h30, ils ne s'embêtent pas à mettre du superflu et chaque scène est donc étonnamment dense.
L'intérêt de ce film réside principalement dans son approche ultra-réaliste, collant le plus possible aux textes d'origines, tout en gardant un regard parfaitement subjectif et subtil. En suivant ce postulat et avec son style très sobre, formel comme ce procès, il en révèle en fait beaucoup de choses.
On comprend très rapidement que l'avis de l'évêque est déjà fait (dès le carton de texte initial, en réalité), et chaque scènes devient l'enfoncement d'un clou dans la foi de Jeanne, perdue sur ce qu'elle soit faire. Alors qu'elle se fait déposséder de tout.
J'aime beaucoup la mise-en-scène, dans le détails, qui révèlent toujours un point de vue, une information centrale ou bien la psychologie d'un personnage dans la séquence. Évidemment beaucoup passe par les mains (enchaînées au-dessus de la bible, qui tiennent Jeanne avec compassion, etc.). Mais on a aussi de multiples inserts, sur ses vêtements, le bois, et surtout le trou dans son mur qui amène un surcadrage voyeuriste, en proie à tous les chuchotements les plus sournois, comme les voix qu'elle imagine peut-être.
Le film est donc très fort et la fin avec la croix au milieu de la fumée propose quelque chose de vraiment sobre et symbolique, qui conclu parfaitement le tout.