Doté d'une réputation plutôt moyenne, j'avoue avoir été agréablement surpris par « Profession du père ». Certes, je n'ai pas lu le livre, ce qui me rend, peut-être, plus indulgent. Cela écrit, j'ai trouvé le récit pertinent, parfois percutant voire inquiétant à d'autres moments, la prestation très « bouffon dangereux pas si bouffon » de Benoît Poelvoorde dans un de ses meilleurs rôles confirmant cette impression. Jean-Pierre Améris a également la bonne idée de filmer presque à hauteur d'enfant, ne se rendant presque jamais compte à quel point ce qu'il vit n'est pas normal, le regard porté sur la mère (excellente Audrey Dana) apportant un contrepoint plein de douceur, de délicatesse. L'occasion, enfin, de revenir sur un sujet presque tabou en France : l'OAS et ses actions violentes, haineuses. Le dénouement, sobre et plein de sens, conforte cette bonne impression générale. Un échec commercial qui aurait clairement mérité plus grande reconnaissance.