Au temps de la grande dépression, dans les années 30, Alva Starr, avec 2 r, n'a qu'une envie, celle de fuir la vie misérable, l'exploitation vis à vis des hommes, que fait d'elle sa propre mère.
Si elle n'est pas libre de son corps, elle l'est dans sa tête.
Elle rêve au prince charmant, à son père même si elle sait qu'il ne reviendra pas, à une vie meilleure et moins étriquée que la sienne.
En attendant, une simple boule à neige suffit à la transporter loin, très loin, y compris un vieux train tout poussiéreux décoré en partie par son père.
Débarque de La Nouvelle Orléans, dans cette petite ville sans avenir du Mississipi, Owen Legate (le magnifique Robert Redford), dont Alva va immédiatement tomber raide dingue amoureuse.
Le film suinte le désir, la chaleur, la moiteur du sud autant que la pauvreté.
Et même si le film ne respecte pas à la lettre la pièce de Tennessee Williams, Sydney Pollack ose le couple Wood/Redford dans une affolante sensualité et nous transporte tout le long du film. Il dépeint les conditions des cheminots et leur misère accrue par les prochains licenciements dont est chargé Owen.
Il dénonce une relation mère-fille plus que détestable, une mère manipulatrice, jalouse de la beauté de sa propre fille qu'elle utilise comme valeur marchande uniquement.
Charles Bronson y joue le rôle pas joli joli d'un beau-père quasi incestueux.
Nathalie Wood, de tous les plans, est belle à se damner.
Owen se laisse emporter par Alva et ses illusions, ses fantasmes d'une vie qui en vaille le coup.
Le film est empli de désespoir, c'est vrai, mais pas que..parce qu'il est rempli d'instants magiques aussi..
Et pour finir, je retiendrai ceci:
"Souhaite moi une étoile..Ce que le ciel est blanc..Où que tu sois, souhaite-les moi des rêves pour mon coussin..Des étoiles pour mes yeux..Un bal masqué où notre amour remporterait le premier prix..Souhaite moi des roses rouges..Et des ballons jaunes..Des paillettes noires virevoltent..Sur des airs dansants et joyeux..Je veux tous ces trésors..Tout ce que tu peux m'offrir..Souhaite moi un arc-en-ciel..Tant que je vivrai.."
Pas du tout déçue de ce second visionnage en VO (média)
Sans doute l'un des plus beaux rôles de Robert Redford qui nous a quittés le 16/9/2025, à 89 ans et de la magnifique Nathalie Wood, décédée à seulement 43 ans, en 1981, dans de tragiques circonstances..
Film à réhabiliter sans conteste..