Une astronaute française se prépare à une nouvelle étape de la conquête spatiale, la planète Mars. Ce voyage va durer des années et l'histoire se concentre non pas sur les enjeux scientifiques d'une telle mission, mais sur ce qui la précède. Avant d'être astronaute, Sarah est une mère de famille qui va être confrontée à une épreuve bien plus dure, abandonner sa fille pour son métier.
Proxima est un film étonnant, un drame intimiste d'une portée immense et profonde. Cette histoire terrestre laisse habilement deviner l'ampleur de la mission sur Mars et transporte littéralement l'oeuvre d'Alice Winocour dans des sphères narratives absolument saisissantes de réalisme. Après sa participation au scénario de l'excellent Mustang de Deniz Gamze Ergüven, on retrouve la réalisatrice dans un exercice filmique contemplatif de toute beauté. Oeuvre autant magnifiée par la photographie éclatante de George Lechaptois que par la musique toute en finesse de Sakamoto Ryūichi (Appleseed, Snake Eyes, Le dernier empereur, Hara-Kiri, The revenant, ...).
Si le long-métrage irradie autant l'imaginaire et la sensibilité du spectateur c'est aussi par la crédibilité qui se dégage de l'écriture de la relation mère/fille qui s'effrite plus le jour du départ approche. Cette histoire est conduite par la remarquable interprétation d'Eva Green dans l'un de ses meilleurs rôle. Il se dégage de son personnage une dualité désarmante. La femme forte et froide qui doit s'imposer dans un monde d'hommes et la mère de famille déchirée par son impuissance à rassurer sa fille. Jeune fille incarnée par Zélie Boulant-Lemesle, toujours touchante et juste dans son interprétation.
Alice Winocour n'oublie pas que Proxima raconte aussi l'histoire d'une aventure spatiale. Le spectateur se retrouve ainsi immergé dans les semaines de préparation qui précédent le grand départ. Entre séances d'entrainement faites de tension, réussites et échecs ou doutes d'une telle entreprise, force est de constater que Proxima est l'un des meilleurs film sur l'espace, pourtant sans l'espace. Et un petit guest bien sympa vient emballer et crédibiliser un film déjà mémorable.
Proxima porté par l'impériale Eva Green est une réussite dont il est compliqué de dire du mal tant il est difficile de trouver quelque chose de vraiment problématique qui pourrait remettre l’expérience en question. Alice Winocour livre simplement un beau drame spatial, hommage subtil (même si elle ne s'en cache pas lors du générique) aux femmes astronautes.