Lorsqu’il sort en 1998, Le Retour des Puppet Master constitue un double événement, puisque la célèbre franchise de Charles Band voit revenir ses poupées iconiques sur le devant de la scène. Mais surtout, ce sixième épisode voit le come-back de celui qui en avait signé le meilleur segment (Puppet Master III) : le sérénissime David DeCoteau réalisant le film sous le pseudonyme de Victoria Sloan. L’intrigue de ce nouvel opus ne fait pas grand cas d’André Toulon et de son protégé Rick Myers, se contentant de tirer sur des ficelles désormais usées.


Comme souvent, la franchise semble faire abstraction de ses précédents épisodes pour offrir au public une nouvelle aventure prompt à faire rêver les petits comme les grands enfants. Les poupées trouvent cette fois refuge dans le musée des horreurs du Docteur Magrew et de sa fille. Quand elles ne sont pas gardées en cage, les marionnettes se donnent en spectacle devant une foule de gens ébahis. Après avoir découvert les talents de sculpteur d’un jeune pompiste, Magrew décide de le recruter afin d’en faire son apprenti, et d’insuffler la vie à l’une de ses créations. Mais l’âme n’a pas de secret que la conduite ne révèle.


Tourné en 35mm en à peine 8 jours, Le Retour des Puppet Master parvient encore à maintenir l’illusion même si celle-ci ne tient que sur un étroit filin. La liste des victimes s’allonge, mais pas celle de ses créations. Le marionnettiste Mark Rappaport peine à animer ses poupées dont les mouvements paraissent encore plus limités et grippés qu’à l’accoutumée. Le divorce conclu en 1995 avec le distributeur Paramount Pictures permet à Leech Woman de refaire son apparition dans la ménagerie de pantins au grand détriment de Torch.


Ce retour timide aussi bien sur la forme qu’en pratique traduit les limites d’une production devant parfois puiser dans les stocks-shot du studio lors des attaques de marionnettes et plans de transition. En effet, les animateurs n’étaient plus en mesure de créer de nouveaux effets en stop-motion suite à la défection de David Allen, dont le cancer le tiendra définitivement éloigné des plateaux jusqu’à son décès quelques mois plus tard.


Comme à son habitude, David DeCoteau ne peut pas s’empêcher de filmer le corps d’un éphèbe dénudé, avant de lui carrer une foreuse dans le caleçon lors d’une pénétration vive et ensanglantée. Cette séquence aussi gore que jubilatoire se conjugue à un scénario transgressant à nouveau la mythologie de la saga. Après avoir servi le bien, les poupées se retrouvent donc de nouveau mêlées à de sombres dessins, même si les impératifs de production tendent à en faire des soldats fidèles et pacificateurs n’hésitant pas à employer les grands moyens pour arriver à leurs fins.


Nous aurions aimé pouvoir en dire autant de son réalisateur, recyclant comme toujours les sempiternels motifs caractérisant chacune de ses productions (Talisman, Totem, Voodoo Academy) : une atmosphère d’épouvante héritée de la gothique Hammer soutenue par l’utilisation somme tout approximative de fumée, d’éclairages bleutées et de stroboscopes simulant les éclairs d’une nuit tempétueuse. David DeCoteau s’amuse également à rejouer le climax d’un des opus précédents afin d’en exploiter l’essence dramatique pour la subvertir et mettre en branle une romance entre deux de ses protagonistes. Cet ultime cliffhanger laisse néanmoins le public quelque peu désemparé.


Le sage pointe la lune, l’idiot regarde le doigt. Alors s’il te faut un guide pour parcourir l’univers étendu de la Full Moon Features, L’Écran Barge te fera découvrir le moins pire et le meilleur de l'oncle Charles Band, le Walt Disney de la série bis !

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le 30 janv. 2026

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