Quand souffle le vent
7
Quand souffle le vent

Long-métrage d'animation de Jimmy T. Murakami (1986)

Le dessin enfantin et les petites têtes toutes simples des personnages, façon manuel d'anglais de sixième, contrastent complètement avec l'horreur qui vient. En se confrontant à l'optimisme naïf des deux petits vieux - un couple d'Anglais vivant dans la paisible campagne du Sussex - la catastrophe n'en devient que plus triste. On a beau sentir venir le truc, les larmes coulent facilement. C'est un peu comme si on s'apprêtait à voir mourir Oui-Oui... :(


Le film ne fait pas seulement chialer, il est aussi assez beau, avec un mélange plutôt réussi de techniques graphiques et d'animation, entre dessin mignon et stop-motion au rendu souvent sinistre.
Beau aussi grâce à sa bande son prestigieuse : Bowie, Genesis, Roger Waters des Pink Floyd... (Même si la musique de ce dernier sert principalement à illustrer les séquences de rêves de nature en fleur de Madame, un rien cucul la praline).


Seulement, ces belles qualités ne suffisent pas. Ce film a un fâcheux problème : son rythme. À part l'explosion de la bombe, il ne se passe pas grand chose. Les deux parties sont aussi répétitives l'une que l'autre. Avant la catastrophe, on a droit basiquement à une énumération illustrée de tout ce qu'il faut faire pour se préparer, avec Monsieur qui lit et applique les instructions de sa brochure gouvernementale (comment construire son tout petit abri rudimentaire, les rations à prévoir pendant les quatorze jours d'attente, comment faire caca dans l'abri, pourquoi peindre les vitres en blanc). Comme si le film s'était donné pour but d'être éducatif avant d'être captivant.


Après la catastrophe, les personnages changent de rengaine, mais continuent assez péniblement à radoter. En gros, en boucle jusqu'à la fin du film, ils découvrent une conséquence de l'explosion atomique puis la vieille a peur et le vieux minimise et la rassure avec un optimisme un peu déplacé qui ne devrait tromper personne.


Jusqu'à ce qu'ils crèvent en faisant une prière. Après avoir pourtant pleuré au milieu du film, j'ai lancé un petit "ENFIN putain de bordel de merde". C'est dommage.


Si vous voulez un film british sur les conséquences d'une explosion nucléaire, je vous conseille plutôt le docufiction / téléfilm Threads, de 1984. J'en ai un meilleur souvenir.

parasaurolophus
5
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le 4 oct. 2016

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parasaurolophus

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