Chaleur d'Islande et fraicheur humaine, ou l'inverse
Le ton est donne des la premiere sequence, avec un sujet dramatique qu'est celui du rapatriement des cendres de son mari en France, Agathe est forcee de plonger dans la legerete salvatrice des coincidences heureuses qui balaient toute desolation prolongee, du souffle puissant de l'energie de vivre. Et tout au long du film Agathe va osciller entre la necessite de regarder devant et la culpabilite de pouvoir passer aussi vite a autre chose pour suivre le rythme de la vie et ne pas plonger. Les situtations multiples, aussi inattendues qu' incongrues, auxquelles elle doit faire face peuvent derouter, mais il est aussi jubilatoire d'entrer dans cet univers, pourtant si propice a la deprime qu'est la banlieue parisienne defavorisee. Et a travers les yeux des envahisseurs islandais, qui sont convaincus de la beaute de la vie qui y regne, on accompagne avec bonheur Agathe dans ses errances, ses doutes, ses hesitations, allant de surprise en decouvertes. Et apres tout, la morale de l'histoire n'est-elle pas que la recette pour mener a bien son existence reside dans la confrontation des opinions/cultures differentes qui par leurs decalages respectifs nous amene sans cesse a relativiser et revoir nos jugements releguant toute certitude au rang des dangers.
Ce film est litteralement porte par les 4 protagonistes principaux, avec en tete Florence Loiret-Caille d'une fraicheur ravigorante, et servi par une photographie haute en couleurs qui donne du relief a la banlieue qui lui sert de decors. J'ai eu le sourire (voire plus)aux levres pendant tout le film (voire plus -re) ... Il fait partie de ceux pendant lesquels on se demande ce qu'il va bien pouvoir encore arriver d'autre tant les situations sont inattendues mais leur traitement en est si addictif!
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