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The Formalist
A sa manière, et c’est probablement ce qui divise dans son cinéma, Guadagnino œuvre toujours à la frontière de l’impressionnisme, cherchant à imprégner l’imaginaire plus que le conscient, développant...
le 26 févr. 2025
Prenez un acteur n’ayant pas réussi sa transition post-James Bond, un réalisateur des plus surestimés, le énième récit de l’errance d’un écrivain alcoolique, trois scènes de cul supposément torides et le Mexique pour le folklore et vous obtiendrez le film le plus rasoir qui soit à voir sur les écrans ces jours-ci.
Dans le Mexico des années 50, Lee, un Américain, mène une vie désabusée au sein d'une communauté d’expatriés. L'arrivée du jeune Allerton va bouleverser l’existence de Lee, et faire renaître en lui des sentiments oubliés.
Daniel Craig est très mauvais. À sa décharge, trois handicaps majeurs : un film catastrophique, une ressemblance frappante avec Poutine et l’ombre écrasante de 007. Car on n’arrive pas à l’imaginer autrement que dans les costumes de James Bond. Et certainement pas en écrivain en alcoolique.
On est dans le contre-emploi sans aucun doute. Craig a probablement cru que cet écrivain homosexuel et alcoolique serait enfin le rôle qui le débarrasserait de Bond, et de tous ses ersatz qu’il a interprétés depuis. Mais il n’est pas bon. Pas du tout. L’alcoolisme est sans doute très difficile à rendre à l’écran. Il ne suffit pas de tituber, ni d’avoir un regard de merlan frit pour exprimer un mal-être. En règle générale, l’interprétation générale est vraiment faible. Drew Starkey est inexistant. Quant à la brève apparition de Lesley Manville (méconnaissable) en vieille chercheuse recluse dans la jungle, elle frôle le ridicule.
On pourrait reconnaître au surfait Luca Guadagnino la qualité de ne pas céder aux modes et de s’intéresser à des histoires qu’on ne voit plus sur les écrans aujourd’hui. En revanche, on pourra lui reprocher de n’avoir aucune personnalité dans son style si appuyé, si lourd. Cette façon si insistante de faire baigner son film dans un certain intellectualisme. On va voir ‘Orphée’ de Cocteau au cinéma (très chic) et on en copie les effets de transparence. On disserte sur la vie de manière pontifiante.
Tout ce maniérisme ridicule côtoie des décors en carton-pâte. Et quel ennui ! Mais un ennui très chic, cela dit. Et très intello. La lumière du chef opérateur est crépusculaire. Pour coller au Mexique et à l’ambiance du film, j’imagine. Mais tout ce soin mis au service de l’ambiance et de l’esthétique du film le rend très froid, comme quelque chose d’un peu vieillot qu’on regarde avec distance.
Luca Guadagnino, qui jouit d’une improbable cotte totalement imméritée, n’aura jamais fait que Call me by your name de pas mal. Le film n’était pas un chef-d’œuvre mais se laissait regarder. Son remake de La Piscine était complètement toc. Bones and all était assez vide et son film à trois Challengers était une horreur. Mais ce qui est inquiétant est que sa page Allociné (sans doute pas totalement à jour) prévoit 11 films jusqu’à 2030. Et il est vrai qu’il ne se passe pas une année sans qu’on entende parlé d’un nouveau projet auquel il est lié. Mais ça promet.
Le problème du cinéaste italien est qu’il semble partagé entre plusieurs tendances : le vernis intello-chic, la volonté de réaliser un film à la fois assez grand public et osé. C’est un peu le cas ici. On va chercher une vedette ultra-connue, un roman apparemment un peu culte et on fait baigner ça dans une ambiance moite, torride. Mais il ne s’y passe rien. Daniel Craig y tourne en rond, comme un espion en attente d’une mission. Bref, ça n’a aucun intérêt.
Créée
le 1 mars 2025
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