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L’Américain William Lee s’est réfugié dans le Mexico des années 50. Oisif et fortuné, il tombe sous le charme d’un jeune homme appelé Eugene.
Au menu de ce festin nu, sexe, drogue et anachronique rock’n’roll autorisant Prince ou Nirvana à accompagner les errances du personnage. Dans la moiteur reconstituée, les mâles en manque de chair fraîche attendent une ouverture, avalant shots sur shots entre deux bouffées de tabac. Vieux beau, Lee aligne le plus souvent les billets pour se satisfaire. Mais face à Gene, c’est une autre histoire qu’il espère.
Entre les vapeurs d’alcool et les injections d’héroïne, le rêve se fait cauchemar, les fantasmes deviennent fantômes. Il y a du Lynch dans ce couloir rouge d’hôtel. Buste de femme coupée, nourrisson abandonné sur l’escalier, serpent se dévorant tel un ruban de Möbius, pendentif scolopendre qui prend vie. L’expérience hallucinogène devient totale quand les garçons sauvages partent en Amazonie pour goûter une plante décuplant leurs capacités télépathiques. Dans Call me by your name, Elio rêvait déjà de plonger en Oliver et s’échanger leurs prénoms. Ici, Lee cherche à se fondre dans celui qui le rejette. Une fusion s’opère dans la fièvre de la jungle, mais ce sont les étreintes brisées que Luca Guadagnino filme le mieux. Par une simple surimpression, il exprime ces gestes tendres, ces caresses que l’on n’ose offrir.
Sans connaître les écrits sources de William S. Burroughs, les personnages manquent de chair et le récit elliptique oscille entre une esthétique kitsch et un surréalisme érotisé. Le paradis n’est qu’artificiel. Se tient en son centre, Craig, copie conforme de l’auteur. L’espion qui aimait tant les femmes casse ainsi son image avec force et un certain courage. Ne l’appelez plus jamais James, mais Daniel.
(6/10)
@cinefilik.bsky.social
Créée
le 14 mars 2025
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