Paul Gaudouin est un homme d’entreprise qui s’est épris de sa secrétaire, Lucie, et c’est réciproque. Mais puisqu’il ne veut pas mélanger l’amour et le travail, il décide de la licencier. A son retour le lendemain pour toucher sa solde, il lui demandera alors de l’épouser puisqu’ils ne seront plus reliés par les affaires. Mais Lucie qui ne comprend pas le stratagème le prend très mal et décide de sauter dans la Seine. Gaston Villaret qui passait par là la sauve et l’emporte avec elle dans la fête huppée qu’il organise pour une amie. Mais Lucie veut qu’on la laisse se suicider, et emportée par les élans de l’alcool, va semer une belle pagaille.
Sur un scénario et des dialogues d’Yves Mirande, dramaturge et scénariste omniprésent de cette époque, le film est un reflet de la production cinématographique de cette époque qui, avec l’arrivée du parlant, se calque sur le théâtre. Les dialogues sont déclamés, les gestes sont expressifs et le film ne tient que sur une poignée de décors assez minimalistes et une faible unité de temps, moins de 24h. On y retrouve aussi une certaine agitation qui frôle parfois l’hystérie.
Le film rappelle d’autres scénarios de Léo Jannon comme Il a été perdu une mariée (1932) ou On a trouvé une femme nue (1934), qui parlent de fiançailles compliquées et de rencontres. C’est un thème vaudevillesque par excellence, léger et qui parle à tous. Dans le film de 1935, ce sont les personnalités des deux personnages principaux qui assurent le spectacle.
Tous deux ne se supportent pas, l’une veut en finir et l’autre ne veut pas d’ennuis. Deux acteurs phares de cette époque sont aux commandes, avec le gouailleur Albert Préjean et la belle Danielle Darrieux, déjà habitués à jouer ensemble. Elle est une jeune femme désabusée et incontrôlable, une petite peste mais dont la franchise fait des dégâts lors de cette soirée. Albert Préjean, plus habitué aux rôles de prolétaires semble contaminer le rôle de ces expériences, son notable est snob, mais aussi caustique et railleur.
Le cercle huppé dans lequel évolue la soirée est d’ailleurs moqué, mais pas trop égratigné. Par petites touches, l’un est infidèle, l’autre est accro au jeu, mais la plupart sont des oisifs, qui se repaissent des ragots, alimentés par la venue de cette belle mais éméchée jeune femme auprès d’eux. Ils ont leurs petits défauts mais sont malgré tout sympathiques. On y trouve même un majordome benêt et dépassé par les évènements, un classique du genre.
Le film accuse son âge. Il a son petit charme désuet, que ce soit pour certaines expressions ou mots de vocabulaire passés de mode, « ça y est, ch’uis noire » ou « linge de grue ». Mais aussi parfois fatigant, dans sa frénésie d’occuper l’espace et le volume sonore. Son histoire commence et se finit sans aucune crédibilité, il ne s’agit que d’un point de départ et d’une tentative finale de ranger l’argenterie avant la fin, mais entre temps il y aura le passage de Lucie dans cette bonne société telle une tornade, avec quelques bons moments.