J'ai découvert le premier film de Yannick Bellon, par hasard à la RTBF (télévision publique belge). Dans les années 1970, cette chaine proposait des films d'auteur qui n'avaient pas l'occasion de sortir en salle. Ainsi, on a eu l'occasion de découvrir Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog avant sa sortie en salle. Quelque part quelqu'un eut la même chance. Ce fut la musique de Georges Delerue qui, la première, attira mon attention. Inspirée par les parties chorales du Requiem de Ligeti, elle magnifiait les images dynamiques d'une ville noircie par la pollution et détruite par la spéculation immobilière. Et au milieu de tout cela, quelques couples perdus, solitaires, broyés par l'alcool, l'ambition ou les promoteurs. Et puis, une nouvelle vision à l'occasion de la sortie du Blu-Ray. On retrouve, comme dans un reportage, les humeurs et les ambiances typiques de l'époque. Les faiblesses techniques deviennent plus marquantes. Mais ils restent la formidable poésie d'une ville prise dans un monde en transformation, les récits de personnages meurtris par la vie et une belle ambition de cinéma.