En mai 2014, à Waukesha, dans l'État du Wisconsin, deux adolescentes de 12 ans (Anissa Weier & Morgan Geyse) attirent leur meilleure amie (Payton Leutner) dans les bois et la poignarde à 19 reprises, dans le seul et unique but de l’offrir en sacrifice à "Slenderman" un croque-mitaine contemporain.
Les adeptes de “creepypasta” connaîtront sans le moindre doute "Slenderman", pour les autres, si ce nom ne vous dira rien, il s’agit d’une légende urbaine, un personnage fictif devenu un "mème internet". Un personnage mutique, silencieux, élancé, sans visage, très grand et aux bras tentaculaires et qui pour certains, enlève des enfants et pour d’autres, ne cherche qu’à les protéger. Bref, dans le folklore imaginaire, chacun s’invente ce qu’il veut à son sujet, quitte à vraiment croire que ce dernier existe.
C’est ce qui est arrivé aux deux gamines de 12 ans, persuadées d’être en contact avec lui, pour se le mettre dans la poche, elles décident de lui offrir en offrande leur meilleure amie qu’elles poignardent sans le moindre remord à 19 reprises.
Qui a peur du Slenderman ? (2016) revient sur ce terrible fait divers en se questionnant sur la part de responsabilité des deux adolescentes et ce qui les a poussé dans cette folie meurtrière. Irene Taylor Brodsky a filmé pendant de nombreux mois les parents des deux accusées, le tout, entrecoupés par des extraits provenant des interrogatoires menés par les enquêteurs, ainsi que des images du tribunal où le juge devait statuer si elles allaient comparaître devant un tribunal pour enfant ou être jugées comme des adultes (inculpées pour tentative d’assassinat au Wisconsin, cela implique d’être jugé en tant qu’adultes où elles encourent jusqu’à 65 ans de prison).
Dans ce documentaire, il y a une part de voyeurisme non négligeable dont on aurait pu faire l’impasse. La réalisatrice surfe sur un macabre fait divers tout en faisant un parallèle avec le "Slenderman", en nous remettant dans le contexte et pourquoi il est devenu une figure iconique d’internet (d’innombrable jeux vidéos et films le mettent en scène).
Pour le reste, il n’a pas grand chose à en retirer, on se croirait devant une version (très) longue de "Faites entrer l'accusé". Je n’y ai rien appris et c’était bien trop long pour le peu qu’il y avait à raconter.
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