Ils sont plutôt rares les films allemands à sortir chez nous et à trouver un public. Pourtant cela nous ferait des vacances en regard de la palanquée de films américain qui nous submergent à longueur de temps et dont une (grosse) partie n’ont que peu d’intérêt ((avis strictement personnel)).
Ici ce « 15 Jahre » (15 Ans), vaut VRAIMENT le détour et ses 140 minutes de durée ne doivent pas vous rebuter.
Pour le synopsis.
Autrefois enfant prodige au piano, Jenny a été condamnée à quinze ans de prison pour un crime qu’elle n’a pas perpétré. A sa sortie de prison, la jeune femme, bien que prise en charge par une organisation caritative est habitée par un insatiable désir de vengeance envers le vrai coupable, son amour de jeunesse. Lui est devenu depuis une star de la télé de divertissement. Jenny en révolte quasi permanente, renoue avec sa passion pour le piano auprès d’Omar, un réfugié Syrien amputé qui tente, lui aussi, de conjurer son passé traumatisant.
Le long métrage relate le long cheminement de Lenny, profondément blessée, vers sa quête de vérité.
L’actrice (Hannah Herzsprung) est tout bonnement « solaire ». Elle a une capacité incroyable pour faire passer toute la rage, l’injustice, la révolte de son personnage, qui se rebiffe contre tout et tout le monde, contre la stupidité, la médiocrité (elle qui est virtuose) et le marketing vomitif des émissions de télé branchées. Elle a même du mal à accepter la reconnaissance et l’amour d’Omar (qui pourtant ne ménage pas sa peine).
Face à Hannah H./Jenny, les autres acteurs paraissent un tantinet fade, mais pas du tout inexistant ; et c’est là un des talents du scénariste et réalisateur Chris Kraus. Celui-ci avait déjà montré son savoir faire à l’occasion du multiprimé « Quatre minutes », qui peut être vu comme le film d’avant « 15 ans ».
C. Kraus a un don pour introduire des scènes irréalistes dans son film (le lion, la piscine, le show télé) et un certain nombre de courts flash-backs, qui donnent une véritable âme au film, sans desservir aucunement le propos général. On reconstruit le tout au fur et à mesure.
Un film qui véhicule beaucoup d’interrogations, de sentiments, de mélanges des genres.
Un film à voir. Ma note de 7 n’est pas du tout usurpée ;